Le Samson

« C'est tout d'abord sur votre gauche le Chêne de la Cigogne, ainsi nommé parce qu'une cigogne est venue s'abattre et mourir sur sa cime il y a quelques années ; un instant après vous passerez au pied d'un chêne autrement remarquable et portant le numéro 5, c'est le Samson, formant d'une manière imposante le premier plan d'un très beau point de vue. »
Le Fontainebleau des voyageurs des trains de plaisir, Claude-François Denecourt, 1850.

Le chêne de la Cigogne a disparu et le Samson est mort, mais il en reste encore un morceau imposant, vestige de ce qui fut autrefois un des chênes les plus connus de la forêt de Fontainebleau. Sa ruine est situé sur la route tournante des hauteurs de la Solle, au Grand Mont Chauvet, parcelle 253. Denecourt nomma ce chêne en hommage à un comédien célèbre du XIXe siècle : Joseph-Isidore Samson. Il fit partie de la troupe de la Comédie-Française, nommé 241e sociétaire en 1827 et sera le doyen de « la maison de Molière » de 1842 à son départ en 1863.









 Joseph-Isidore Samson 1793-1871.

Portrait par Étienne Carjat.

Joseph-Isidore Samson est né à Saint-Denis1 le 3 juillet 1793. On raconte qu'il fut le dernier baptisé de la paroisse. Immédiatement après la cérémonie, un membre du Comité de salut public fit fermer les portes de l'église. Joseph est fils unique, ses parents, Isidore Samson et sa femme Mlle. Auvry, fille d'un pâtissier local, tenaient un petit café. Sous le Directoire, la famille déménage rue Montorgueil à Paris. Sa mère est une ménagère économe qui rogne sur tout. Bien des années plus tard, Joseph Samson écrira à propos de son enfance : « Je n'ai jamais eu un gâteau, ni un jouet. Ma mère ne m'a jamais donné une caresse ».


Tout jeune, Samson est un fervent chrétien, l'enfant adore assister avec une régularité scrupuleuse aux messes, baptêmes, mariages et enterrements. Son maître d'école, un ancien jacobin, trouve trop fréquentes ses visites à l'église Saint-Eustache. Pour le guérir de sa ferveur religieuse, le maître lui inflige des volées de martinet devant toute la classe. Son père finit par le changer d'école et le sauve du père fouettard. Samson est placé dans pensionnat de Belleville. C'est là qu'il rencontre Isidore Taylor qui deviendra administrateur général de la Comédie-Française et sénateur du Second Empire. Les deux élèves se lient d'une amitié qui va durer toute leurs vies. Le jeune Samson est laissé suffisament libre par ses parents pour courir seul les rues. Il flâne Boulevard du Temple et devient un spectateur assidu des représentations en plein vent ou théâtre de rue, il admire les bonimenteurs des baraques foraines, c'est le théâtre du peuple, on joue sur des planches de mauvais bois posées sur des trétaux branlants à même la boue.


Le 24 décembre 1800, une énorme explosion retentit non loin de l'appartement des Samson, c'est l'attentat de la rue Saint-Nicaise contre le premier Consul Bonaparte. Le lendemain, Joseph et son père se rendent sur les lieux du crime voir les dégâts causés par la machine infernale des conspirateurs. La rue semble avoir été bouleversé par un tremblement de terre, on dénombre vingt-deux morts et de nombreux blessés, une quarantaine de maisons sont détruite ou rendue inhabitables. L'horreur de l'attentat rend Napoléon Bonaparte encore plus chère au peuple, la providence semble le couvrir de sa protection,

Le commerce des Samson périclitant, la famille déménage en 1804 pour s'installer près de Brunoy, dans l'ancien département de Seine-et-Oise. Le couple a l'espoir de monter une entreprise de filature de coton dans les anciens bâtiments de l'abbaye Notre-Dame d'Yerres. Joseph est placé comme clerc chez un avoué de Corbeil, il a douze ans. Dans la maison de l'avoué, il découvre une grande bibliothèque et se plonge avec passion dans les œuvres de Molière, Racine et Corneille. Apprenant par cœur quelques scènes de ces auteurs classiques, Joseph les joue devant la femme de son patron. Trouvant du talent à son petit acteur, la dame donne des soirées où le principal divertissement est d'entendre Joseph déclamer avec passion quelques célèbres tirades devant un parterre de bourgeois. Ainsi commence la carrière de celui qui deviendra un des plus grand acteurs du XIXe siècle.

Abbaye Notre-Dame d'Yerres.

La filature de ses parents fait faillite et la famille retourne s'installer à Paris. Son père trouve un emploi dans les bureaux de l'administration de la loterie, sa mère coud des gants pour un magasin de mode. Les salaires sont maigres et Joseph doit travailler, on le place dans un petit bureau de vente de tickets de loterie. Le jeune Samson est  miséreux et donc malheureux. On apprend beaucoup de chose aux enfants, excepté à être pauvre. Sa patronne, une femme au grand cœur, lui offre des billets pour la Comédie-Française, il y découvre le grand acteur Talma, c'est une révélation. À seize ans, Joseph veut devenir acteur et il réussit son admission au Conservatoire. Il a pour professeur le tragédien Pierre Lafon (1773-1846), qui lui impose des rôles de comique.

 François-Joseph Talma dans le rôle de Néron.

En 1812, la Grande Armée a besoin d'homme pour la campagne de Russie. La conscription se fait part tirage au sort et Joseph tire le mauvais numéro, il va devoir rejoindre les rangs de l'armée napoléonienne. Son père réussit à lui obtenir un délai puis un deuxième, mais comment arriver à se faire exempter définitivement ? L'époque du concours du Conservatoire approche, certain disent que le lauréat d'un premier prix sera exempté de service militaire. Joseph obtient le premier prix de comédie, mais hélas le triomphe fut inutile, la distinction ne privait pas de l'honneur d'aller mourir sur un champ de bataille. Napoléon est alors à Moscou, la ville brûle sous ses yeux ce qui n'empêche pas l'empereur de continuer à administrer la vie culturelle parisienne. Le 15 octobre 1812, il signe un décret établissant au Conservatoire un pensionnat pour dix-huit élèves qui seront exemptés de service militaire. Samson est l'un d'eux.

Le jeune acteur Joseph-Isidore Samson.

Fin mars 1814, pris d'un sentiment patriotique et martial, Joseph décide de défendre Paris menacée d'être envahie par l'armée russe. Il rejoint la Garde nationale avec son ami l'acteur Mira, fils du célèbre acteur Jean-Joseph Mira dit Brunet. Le 30 mars à l'aube, son bataillon se réunit place Vendôme et marche à la barrière de Clichy. Le général Moncey commande la défense de la barrière. Les obus russes commencent à pleuvoir sur la Garde nationale qui, malgré les tambours battants, n'a pas vraiment l'entrain nécessaire pour lancer une contre-attaque. Bientôt la frayeur s'empare de chacun, un colonel essaye d'empêcher une retraite désordonnée. Soudain, des dragons de l'Impératrice surgissent à bride abattue, fuyant l'avancée de l'ennemie. Cette vision de la défaite provoque la débandade générale des gardes nationaux. Dans sa fuite, Joseph croise un vieux grognard qui harrangue les soldats et les pousse à se battre. Une esquisse de barricade se construit, mais le cœur n'y est pas et de nouveau tout le monde rentre en ville rejoindre les siens. Joseph retourne au Conservatoire. Dans la soirée, de la fenêtre de sa chambre, il observe les feux ennemis allumés sur la butte Montmartre.

La Barrière de Clichy d'Horace Vernet, illustrant la défense de Paris le 30 mars 1814.

Avec l'arrivée de Louis XVIII, le pensionnat du Conservatoire est supprimé, Joseph se retrouve sur le pavé. Il en veut à Napoléon d'avoir, par son ambition démesurée, plongé le pays dans les douleurs de l'occupation étrangère. Il voit en Louis XVIII un roi tolérant, la presse est relativement libre. De nouveau miséreux, il survit en donnant quelques cours de déclamations théâtrale et oratoire. Lors du retour de Napoléon, il s'engage chez les volontaires royaux qui doivent marcher contre le fugitif de l'Île d'Elbe. Mais avec l'arrivée triomphale de l'empereur, on lui demande de rentrer chez lui. Après la défaite funeste de Waterloo, de nombreux procès politiques se jugeaient chaque jour. Cela donna beaucoup de travail aux avocats, les jeunes diplômés en droit trouvaient facilement un emploi consistant à défendre les vaincus de l'Empire. À cette époque, dans « l'art de dire » résidait la moitié du succès d'une plaidoirie. Joseph voit une nette augmentation de sa clientèle pour ses cours d'éloquence.


Allégorie du retour des Bourbons le 24 avril 1814 : Louis XVIII relevant 
la France de ses ruines par Louis-Philippe Crépin.

En novembre 1815, Joseph Samson épouse Thérèse, une jeune actrice de dix-huit ans, il en a vingt-deux. Le lendemain des noces, les jeunes mariés partent pour jouer du Racine à Dijon. C'est leurs premiers engagement. Après six mois en Bourgogne, le couple rentre à Paris, toujours aussi pauvre. Ils cherchent du travail dans un théâtre, mais la mode est au vaudeville et il faut savoir chanter, or Joseph est dépourvu de tout talent lyrique. On lui propose de remplacer un comique au théâtre municipal de Rouen. Le public normand est réputé pour être très difficile, le parterre rouennais est rapide à siffler les acteurs. Joseph débute dans le Scapin des Fourberies de Molière. Il entre sur scène glacé par la peur, la vue et le bruit de ce parterre debout et onduleux comme une mer agitée contribue encore à augmenter sa frayeur. À la fin du premier acte, quelques applaudissements l'encouragent, le second acte fut encore meilleur, mais là se borne son triomphe, le rideau se baisse au milieu d'un silence glacial. Mais Joseph persévère et reçoit du public un accueil clément, on ne le siffle pas, on l'applaudit parfois. Enfin, il obtient un grand succès avec le rôle de Figaro dans La Folle Journée de Beaumarchais, puis dans le rôle de Dubois dans Les Fausses Confidences de Marivaux. Joseph est adopté par le public rouennais, et pendant les trois années qu'il va passer parmi eux, il va jouer tout le répértoire classique de la Comédie-Française.

Scapin dans les Fourberies de Molière.

En mars 1818, le théâtre de l'Odéon à Paris est détruit par un incendie. Reconstruite, la nouvelle salle est inaugurée en septembre 1819 et placée par Louis XVIII sous la tutelle de la Comédie-Française, en tant que second Théâtre-Français. Le jour de l'inauguration, Joseph joue le rôle d'Ergaste dans L'École des maris de Molière. Bientôt il devient sociétaire de la société de comédiens en charge du second Théâtre-Français puis il fait partie du comité d'administration. Sa carrière est définitivement lancée. Mais jouer ne lui suffit pas, Joseph Samson a des prétentions d'auteur, il écrit sa première pièce en vers intitulé La fête de Molière. Cette comédie en un acte, jouée la première fois en 1825, rencontre le succès. Il écrit et joue ensuite La belle-mère et le gendre, comédie en trois actes et en vers, jouée en 1826 à l'Odéon. La même année, Joseph est admis à la Comédie-Française, il doit quitter l'Odéon pour rejoindre la salle de Richelieu. Lors de sa dernière au théâtre de l'Odéon, un jeune public enthousiaste demande à faire relever le rideau pour saluer Samson une dernière fois. Or à cette époque, un arrêt du préfet de police interdisait aux acteurs de reparaître après avoir joué. Malgré les cris qui l'appellent, Joseph remonte dans sa loge, respectueux des règles de l'autorité. Mais le directeur du théâtre vient le voir et lui dit « Eh bien ! Samson, pourquoi ne reparaissez-vous pas ? » — « Et l'arrêté de la préfecture ? » — « Je prends tout sur moi ! » lui répond le directeur et il ordonne de lever le rideau. Samson revient sur scène, malgré l'interdiction, pour dire adieu à son public de l'Odéon.

Le théâtre de l'Odéon au XIXe siècle.

En 1828, Joseph Samson est un acteur reconnu, il fait partie du comité de lecture de la Comédie-Française. La même année, un jeune auteur pousse la porte du comité pour présenter son manuscrit au jury, il se nomme Alexandre Dumas et la pièce a pour titre Christine à Fontainebleau, c'est une tragédie néo-classique en alexandrins. Samson est enthousiaste, mais la pièce est recalée, Dumas doit y apporter des corrections. Après un travail de réécriture, avec l'aide de Joseph, la pièce est acceptée, les répétitions commence. Mais une autre tragédie sur le même sujet est acceptée par le théâtre et les répétitions de Christine sont suspendues. Sous la protection de Samson, Dumas propose une autre pièce qui va être immédiatement acceptée, c'est Henri III et sa cour. Samson y a mis toute son influence. Le drame est joué pour la première fois à la Comédie-Française le 11 février 1829. Samson y tient le rôle d'Anne d'Arques dit Joyeuse, un des mignons du roi Henri III. La pièce remporte un très grand succès, bien que qualifiée de « scandale en prose ». Un an plus tard, c'est Hernani, la pièce de Victor Hugo, qui est qualifiée de « scandale en vers ». Dans la pièce de Hugo, Samson joue un rôle secondaire, ce qui lui permet, lorsqu'il est sur scène, d'observer assez tranquillement les chahuts de la salle qui prirent le nom de « Bataille d'Hernani ». Quant à Christine à Fontainebleau, la pièce est finalement représentée au Théâtre de l'Odéon le 30 mars 1830. Dumas, dans ses mémoires, ne dit pas un mot de celui qu'il appelait son « excellent ami, son protecteur Samson », dont il pressait les mains en s'écriant « je vous dois tout ! » À propos de ce manque de gratitude, le critique Eugène de Mirecourt, grand détracteur d'Alexandre Dumas, a écrit : « il y a des gens dont l'esprit ne se trouve jamais à côté du cœur ».

Joseph-Isidore Samson.

Après la révolution de 1830, un grand vent de nouveauté souffle à la Comédie-Française, c'est l'époque de l'invasion des romantiques. Samson n'a pour les héros de l'école nouvelle qu'une médiocre sympathie. L'illustre maison a de grave souci financier, les salaires des acteurs sont drastiquement revu à la baisse. En outre, on retire à Samson jusqu'à son poste de professeur au Conservatoire. Le Théâtre-Français ne pouvant plus assurer les revenus nécessaire à l'entretien de sa famille, il a quatre enfants, Samson donne sa démission. Il s'engage alors au théâtre du Palais-Royal qui vient d'être rouvert après avoir été entièrement reconstruit. Là, il monte plusieurs pièces, mais bientôt il retourne à la Comédie-Française où il restera jusqu'en 1863. En plus de son activité d'acteur, il continue d'écrire pour la scène. On lui doit plusieurs comédies et tragédies qui sont toutes jouées au Théatre-Français. En 1838, la Comédie-Française reçoit une actrice âgée de dix-sept ans, elle se nomme Élisabeth Rachel Félix, Samson devient son professeur. La jeune actrice, connue sous son seul prénom de Rachel2, devient vite très populaire. Son interprétation des héroïnes des tragédies de Corneille, Racine et Voltaire la rendent célèbre et adulée. Son succés remet à la mode la tragédie classique, face au drame romantique. Véritable star de son temps, Rachel meurt en 1858, elle n'avait que trente-six ans.

Rachel dans le rôle de Phèdre par Frédérique O’Connel, 1850. 
Musée Carnavalet.

En 1840, Samson se joint à son ami le baron Taylor3 pour fonder l'Association des artistes dramatiques, société de secours mutuel. Républicain dans sa jeunesse, Samson a de la sympathie pour la Monarchie de Juillet et le roi Louis-Philippe. Après la chute du roi, lors de la Deuxième république, on lui propose de devenir député et de se présenter pour la future Assemblée constituante de mai 1848. Il décline cet honneur et déclare à ses amis et admirateurs : « Croyez-moi, n'envoyez pas de comédiens à la Chambre. Ils ont déjà fait trop de sottises sous la Première république ». Après la révolution de 1848, lors de l'exil du roi à Londres, Samson profita d'un voyage en Angleterre pour aller saluer le monarque déchu. 

Durant le Second Empire, Samson devient très célèbre, En 1854, le journaliste Eugène de Mirecourt publie une courte biographie de l'acteur alors au sommet de sa gloire, on peut y lire l'éloge suivant : « Jamais acteur n'a mieux tenu les planches. Son geste est sobre, son jeu plein de finesse. Il lance le mot avec un aplomb remarquable, avec une sûreté constante. L'effet se produit comme il veut le produire, sans gêne, sans effort. Sérieux et comique tour à tour, il a dans son talent mille nuances délicates, mille ressources cachées ; toutes les combinaisons de l'art lui sont connues. Il s'identifie avec le personnage et fond en quelque sorte son âme dans ses rôles, pour donner plus sûrement à un caractère le cachet de la vérité, le prestige du beau, la force de la nature. » 

 Joseph-Isidore Samson, (détail).

La dernière représentation de Samson a lieu le 31 mars 1863, il joue le marquis de la Seiglière dans la comédie Mademoiselle de la Siglière de Jules Sandeau. À la fin du spectacle, une pluie de couronne et de bouquet inonde la scène. Le public est venu nombreux assister aux adieux de Samson, il n'en finit plus d'applaudir le vieil acteur. Dehors, l'attend une foule en liesse, on crie son nom « Samson ! Samson ! ». L'acteur traverse cette mer d'admirateur, des mains se tendent pour le toucher, ces mains qui ne l'applaudiront plus.

 Portrait de Samson par Julien Vallou de Villeneuve.

Une fois à la retraite, Samson rédige et publie L'Art théâtral, poème composé de huit chants célébrant les acteurs de la Comédie-Française et les auteurs classiques. En 1870, lors du siège de Paris par les Prussiens, Samson et sa femme réussissent à quitter la capitale pour se réfugier à Blois. Sa fille est restée à Paris, son fils est sous les drapeaux. Il revient à Paris le 16 mars 1871, il a soixante-dix-huit ans et c'est un vieillard fatigué. Le voyage de Blois à Paris est épuisant, le train met plus de onze heures au lieu de quatre pour rejoindre la capitale. Les troupes prusiennes encombrent toutes les gares et ralentissent considérablement le trafic. Arrivé à Paris à deux heures du matin, Samson est transi de froid, épuisé. Il n'y a plus de coche car tous les chevaux ont été requisitionnés par la guerre, il faut marcher de nuit. Samson n'en peut plus, sa fille qui le soutient cherche deséspérément une chambre ou coucher son père, impossible de rejoindre Auteuil où se trouve l'appartement famillial. Enfin une bonne âme propose une chambre, Samson, sa femme, sa fille et son petit fils, ainsi que la bonne se repose enfin. Le 19 mars, Samson voit le retour de son fils et de ses deux autres petits-fils. La famille est réunie, dernier moment de bonheur pour le vieil homme. Le lendemain, quand il apprit que la Commune avait été proclamé le 18 mars, on le vit pâlir et prendre peur. Né en 1793, il se souvenait très bien des récits de son père sur cette époque troublée et dangereuse. Croyant qu'une nouvelle Terreur allait s'abattre sur Paris, ces derniers jours sont assombris par la crainte et l'angoisse.

 Joseph-Isidore Samson vers 1860.

Samson s'éteint le 28 mars 1871. Son convoi funèbre n'est suivi que par sa famille et quelques amis à travers les rues désertes de la ville, beaucoup de monde ayant fui le nouveau gouvernement de la Commune de Paris. Enterré au cimetière de Montmartre, sa tombe a reçu en 1880 un buste du sculpteur Gustave Crauck.

Les hauteurs de la Solle et le chêne Samson avec le Sylvain Denecourt, gravure tirée de la 16e édition de l'Indicateur Denecourt, 1856.

Notes :
(1) : Place aux Gueldres, aujourd’hui place de la Résistance et de la Déportation.
(2) : Denecourt a donné le nom de Vallée de Rachel à une gorge en forêt.
(3) : Un rocher porte son nom au Cuvier Châtillon.

Sources :
« Samson » par Eugène de Mirecourt, J.P. Roret et compagnie, éditeurs, Paris 1854.
« Mémoires de Samson », publié par sa fille chez Paul Ollendrorff éditeur, Paris 1882.
« Samson » par Pierre Veber, Librairie Félix Alcan, Paris, 1925.

© Olivier Blaise - 2017.