La Mare aux Fées

« Mare dont les eaux sont aussi peu abondantes qu’attrayantes, vu que les Marlottaises y viennent laver leur linge. » 10e édition de l'Indicateur Denecourt, 1855.

La mare aux Fées est aujourd'hui une des mares les plus connues et fréquentées de la forêt. Elle est située sur le sentier des Étroitures, actuel n°11. Comme celle de Franchard, aussi très prisée des touristes, la mare aux Fées est toujours en eau malgré les sécheresses de l'été. Elle n'a pas toujours porté ce nom typiquement romantique. Sur les cartes anciennes de la forêt, avant le XIXe siècle, la mare aux Fées était mentionnée sous le nom bien plus banal de Grande Mare. En 1896, le peintre Armand Charnay planta des iris jaunes, car il souhaitait y ajouter une touche de jaune. Ce peintre, qui se voulait aussi jardinier, avait oublié que l'iris peut-être très envahissant, la plante étouffant les autres espèces. En 1921, la mare fut en partie vidée afin d'effectuer un curage des rhizomes. Ces travaux furent financés grâce à une souscription ouverte par les Amis de la Forêt. La mare aux Fées a toujours été un sujet de prédilection pour les artistes, voir mon iconographie ancienne de la mare.




















« Le plateau de la mare aux Fées doit sans doute son nom à quelque superstition légendaire, dont la tradition n'a pas été conservée. Souvent reproduit par la peinture, c'est assurément l'un des lieux les plus remarquables que renferme la forêt. Aussi l'on comprend que tous les artistes non seulement y viennent, mais encore y reviennent, car, à la vingtième visite, on peut encore découvrir une beauté nouvelle, un aspect nouveau, dans les mille tableaux, d'un caractère différent, qui d'eux-mêmes se dessinent à l'oeil et peuvent à loisir se rattacher au tableau principal ou s'en isoler, comme dans ces merveilleux chefs-d'oeuvre épiques où l'abondance des épisodes apporte de la variété sans répandre de la confusion dans la grandeur et dans la simplicité de l'ensemble. Qu'une vache se détache du troupeau et vienne boire à cette eau croupie; qu'une paysanne s'agenouille au bord pour laver son linge ou plutôt pour le salir ; qu'un bûcheron vienne aiguiser sa cognée sur le roc, et ce seront autant de tableaux tout faits que le peintre n'aura qu'à copier. Aussi la mare aux Fées est-elle de préférence le lieu choisi par les artistes qui vont à Fontainebleau dans la belle saison : ceux qui habitent les confins éloignés de la forêt y viennent souvent; ceux qui résident dans les environs y viennent toujours. »
Henri Murger, Scènes de campagne (1854).