Sentier Denecourt n°8 - Le Mont-Aigu.

Le départ a lieu Carrefour du Coq. Voir la carte du sentier sur Google Maps : Ici.

En 1832, le sentier en hélice autour du Mont-Aigu, était le seul sentier d’agrément de la forêt qui se parcourait à pied. Mais écoutons Denecourt : « Le Mont-Aigu, avec son admirable point-de-vue, ses formidables et curieux rochers, avait toujours été le but de la promenade de prédilection des habitants de Fontainebleau, d’autant mieux que ce site est l’un des moins éloignés de la ville et non encore déshonoré par l’exploitation des grès qui en a ravagé tant d’autres dns notre bien-aimée forêt. Mais cette promenade de prédilection, que nous avions dotée d’un complément de sentiers commodes et de travaux hardis, qui permettaient de l’effectuer très agréablement, fut à la fois mutilée et interdite au public pendant la durée du second Empire, et cela sans nécessité aucune. Ce n’est qu’après la chute de Napoléon III, arrivée malheureusement trop tard pour la France, que notre Mont-Aigu nous a enfin été rendu. »


Ici, du Mont-Aigu la chaîne romantique
Couvre sa nudité des pins de la Baltique

« La forêt de Fontainebleau , poème en quatre chants suivi de poésies diverses ».
Alexis Durand, 1836.

Route Serlio, début du sentier du Mont-Aigu


Sebastiano Serlio (1475-1554) est un architecte et sculpteur italien de la Renaissance. Né à Bologne, il étudia et travailla à Rome ayant comme maître Baldassare Peruzzi. Après le sac de la ville par Charles Quint en 1527, Serlio s’installa à Venise où, admiré par Titien, il connut une grande notoriété. C’est dans cette ville qu’il publia la première partie de son grand manuel d’architecture. C’est sur cette réputation que François 1er le fit venir en France vers 1541, pour devenir peintre et architecte du roi. Serlio est alors un homme âgé, de la génération de Michel-Ange et Raphaël. À Fontainebleau il retrouve Primatice, un Bolonais comme lui. La contribution de Serlio aux transformations du château de Fontainebleau reste controversée. Le fameux portique de la cour ovale et qui porte son nom n’est pas de lui. Par contre, les historiens pensent qu’il est l’auteur des plans des ailes de la cour du Cheval Blanc, dont seule l’aile nord subsiste, fortement remaniée au XIXe siècle. Serlio est l’auteur des plans de l’hôtel du Grand Ferrare, résidence du cardinal Hippolyte II d'Este. Il dessina les plans du château d’Ancy-le-Franc à la demande d'Antoine III de Clermont et du château de Roussillon, à la demande du cardinal François de Tournon. Il fut un créateur de scènes de théâtre et inventa une scénographie moderne, utilisant l’éclairage et des décors en perspective. Le Serlio est surtout connu pour son grand traité sur l'architecture : « l’Architettura » divisé en plusieurs tomes. Ce magistral manuel, richement illustré, eut beaucoup d'influence sur les architectes européens, l’ouvrage fut traduit en plusieurs langues et maintes fois réédités. Son nom est resté attaché à une forme de fenêtre à trois baies, la Serlienne.

Portrait de Sebastiano Serlio, dessin de Vincenzo Raggio, Victoria and Albert Museum.
Il Terzo Libro, traité d’architecture de Sebastiano Serlio, 1544.

Croisement avec la Route Denecourt.

« Parlerai-je aussi de l'administration forestière avec laquelle plus d'une fois j'ai eu maille à partir, pour avoir enfreint ses règlements et bravé ses défenses toutes les fois que j'ai cru devoir le faire pour accomplir les plus remarquables de mes créations pittoresques qui autrement n'auraient jamais été qu'ébauchées; et pourtant l'administration est toujours revenue en bon terme avec mai. Bien mieux, elle vient de me faire une gracieuseté qui, à mes yeux, équivaut à une décoration, c'est-à-dire qu'elle vient de donner mon nom propre et mon nom de forêt à deux nouvelles et très jolies routes qu'elle a dernièrement fait ouvrir au Mont-Fessas pour arriver à l'entrée du Parquet des Monts-Aigus. L'un est la Route Denecourt et l'autre la Route du Sylvain. »
C.F. Denecourt, 1856.

Portrait de Denecourt par Raunheim, 1858.

Le Mont Fessas.

Le Mont Fessas, autrefois un grand canton de 77 hectares, entièrement replanté en 1782.



Chêne sessile remarquable.

Chêne sessile à deux tiges, arbre remarquable, parcelle 104, sur le sentier.

 Borne IGN avec le Mont Aigu dans le fond. Vue sur la tour Warnery.

Baignoire de Diane (A).




Autrefois nommé Rocher Mazagran par Denecourt : « masse de grès la plus remarquable de la forêt, par sa structure et ses parties évidées. On y voit dans son intérieur une sorte de réservoir ayant toujours de l'eau. » La bataille de Mazagran est un combat de la conquête de l'Algérie, qui eut lieu en février 1840 à Mazagran, ville de l'Ouest algérien. C'est Charles Colinet qui changera le nom de ce rocher, prémices du politiquement correct ?

Défense héroïque à Mazagran par Jean-Adolphe Beaucé.

Diane est la déesse de la chasse et de la lune dans la mythologie romaine, après son assimilation à la déesse Artémis du panthéon grec. Elle serait l'incarnation féminine de la lumière du jour. Fille de Latone et de Jupiter, sœur d’Apollon, tous nés sur l’île de Délos, elle obtint de son père l’autorisation de rester vierge ce qui la fit reine de la chasse. C’est elle qui règle le passage d'un monde à l’autre, entre la sauvagerie et la civilisation. Le prénom de Diane fut porté par de nombreuses princesses comme Diane de France ou Diana Spencer. La sainte Diane se fête le 10 juin, en souvenir de la Bienheureuse Diane d’Andalo.

Le bain de Diane, d’après un dessin de Carlo Maratti, XVIIème siècle, the MET.

Petit bain de Diane.

Le Cheval Pégase (B).

Pégase est l'une des créatures fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque. Ce cheval ailé divin, généralement blanc, naît avec son frère Chrysaor du sang de la gorgone Méduse, lorsqu'elle est décapitée par le héros Persée. Peu après sa naissance il entre au service de Zeus qui le charge d'apporter les éclairs et le tonnerre sur l’Olympe. Homère raconte dans l'Iliade que le héros Bellérophon capture Pégase qui permet au héros de le monter, ensemble ils réalisent de nombreux exploits dont la mise à mort de la Chimère. Le mythe de Pégase connait une large diffusion dans le monde antique ; repris par les Romains, il est partiellement christianisé et fait l'objet de nombreux commentaires, de théories et de reconstitutions depuis le Moyen Âge. Symbole de sagesse et de la Renommée il devient aussi celui de la poésie. Pégase est le sujet d'une iconographie très riche à toutes les époques, des poteries grecques antiques aux peintures et sculptures de la Renaissance, jusqu'aux dessins modernes.

« La renommée retenant Pégase » par Eugène-Louis Lequesne
pour la façade de l’Opéra de Paris. Photo de Louis-Emile Durandelle, 1875.

Sentier de liaison vers les Gorges du Houx.


Passage souterrain de Carrier-Belleuse (C).

Albert-Ernest Carrier de Belleuse dit Carrier-Belleuse (1824-1887) est un sculpteur et peintre, élève de David d’Angers et professeur d’Auguste Rodin. Artiste d’une grande renommée sous le Second Empire, il fut aussi critiqué pour l’abondance de sa production et son goût prononcé pour la sculpture classique. Admirateur de Clodion et Pigalle, on lui doit les deux torchères de l’escalier de l’Opéra de Paris, les cariatides de la façade du théâtre de la Renaissance, du Tribunal de Commerce et de l’Hôtel de Ville, le Messie de l’église Saint-Vincent-de-Paul, de nombreux bustes et la décoration d’hôtels particuliers. En tant que peintre, Carrier-Belleuse se prit d’affection pour les motifs de la côte d’Opale. Ses deux fils, Pierre et Louis, furent aussi des peintres réputés. Une rue de Paris porte son nom. 

Buste de Carrier-Belleuse par Rodin, 1882, Stanford Museum.

L’Œil d’Argus (D).

Dans la mythologie grecque, Argus était un géant qui possédait cent yeux, si bien qu’il ne les fermait jamais tous en même temps. Héra fit appel à lui pour surveiller Io, la maîtresse de Zeus, qui furieux de la jalousie de son épouse, demanda à Hermès de tuer Argus. Ce dernier l’endormit avec sa flûte enchantée et lui coupa la tête. Héra plaça les yeux d’Argus sur la queue de son animal fétiche : le paon. « Avoir les yeux d’Argus » est une expression qui signifie « être lucide et vigilant ».


« Mercure et Argus » par Jacob Van Campen, 1630. 
Cabinet royal de peintures Maurithuis, La Haye.

Antre de Judith (E).

Judith vient de l'hébreu Yehoudi et qui veut dire juive. Dans l’Ancien Testament, le Livre de Judith raconte comment Nabuchodonosor II envoie le général Holopherne punir les peuples de Judée qui ont refusé de le soutenir dans sa guerre contre les Perses. Après avoir pillé et ravagé la région, Holopherne assiège la ville de Béthulie. Les habitants sont sur le point de se rendre, mais une jeune veuve, Judith, d'une extraordinaire beauté, prend la décision de sauver la ville. Avec sa servante et des cruches de vin, elle pénètre dans le camp d'Holopherne qui est pris sous le charme de Judith. Le général organise en son honneur un grand banquet et se prépare à une nuit d’amour avec la belle. Une fois le général ivre, Judith le décapite et revient dans sa ville avec sa tête. Quand les soldats découvrent au matin leur chef assassiné, ils sont pris de panique et s'enfuient. La décapitation d'Holopherne par Judith a inspiré de nombreuses œuvres d’art. La Dame de Cœur du jeu de cartes se prénomme Judith, pendant la Révolution, les quatre dames, cœur, carreau, trèfle et pique, incarnent les nouvelles vertus républicaines et Judith symbolise la fraternité et la liberté de culte, thèmes chères à Denecourt.

Judith décapitant Holopherne par Le Caravage, vers 1598 , Galerie nationale d'art ancien de Rome.
Pour le modèle de Judith, Le Caravage fit poser une célèbre courtisane : Fillide Melendroni. 
Elle est aussi le modèle de Marthe et Marie-Madeleine et Sainte Catherine d'Alexandrie
autres tableaux du maître.

Rocher d’Holopherne (F).


En référence au général babylonien Holopherne, victime de Judith.


C’est dans l’indicateur de Fontainebleau 10e édition des guides Denecourt, paru en 1855, que figure pour la première fois le rocher d’Holopherne. Le Sylvain lui attribue le n°6, qu’il peint en rouge sur le rocher. Aujourd’hui, on peut encore observer une trace de ce 6. Denecourt abandonne ensuite la numérotation pour ne garder que l’alphabet afin de désigner les curiosités de ses sentiers. Il reste encore un très ancien 12 sur le sentiers des Fontaines et un 77 dans l'ancien sentier de la Vallée de la Solle.

Rocher de Quasimodo (G). 


Quasimodo est un personnage de Notre-Dame de Paris, roman de Victor Hugo publié en 1831. En 1820, le sculpteur britannique Henry Sibson est embauché pour participer à des travaux de restauration de la cathédrale. Dans ses mémoires il raconte avoir bien connu un sculpteur bossu travaillant avec lui sur le chantier de l'île de la Cité, l’homme n'aimait pas se mélanger aux autres tailleurs de pierre. Ces menus travaux d’entretien de la cathédrale ont lieu avant le grand chantier de restauration mené par Viollet-le-Duc à partir de 1845. Ce documentant sur la cathédrale, il est possible que Victor Hugo ai rencontré cet ouvrier bossu, l’homme lui ayant alors inspiré le personnage de Quasimodo. C'est Charles Colinet qui nomme cette roche. Denecourt la mentionne sans lui donner de nom : « Voici la lettre G, qui désigne un étrange mastodonte, armé d'une terrible défense. »

« The Hunchback of Notre Dame », film de 1939 réalisé par William Dieterle 
avec Charles Laughton dans le rôle de Quasimodo. 

Bain d’Actéon (H).


Dans la mythologie grecque, Actéon est un célèbre chasseur, élevé par le centaure Chiron. Un jour, au cours d’une chasse, il surprend la déesse Artémis prenant son bain. Furieuse, elle le transforme en cerf et Actéon meurt déchiré par ses propres chiens qui ne le reconnaissent pas. Dès l'Antiquité, la surprise d'Artémis au bain et la métamorphose d'Actéon sont un sujet favori des peintres et des sculpteurs. Cette roche était nommée par Denecourt le Bain de Diane.

Diane et Actéon par Guiseppe Cesari, vers 1603. Musée des Beaux-Arts de Budapest.

Carrefour du Mont Aigu.


Sentier de Liaison 8-8 vers le Long Boyau.

Roche du Singe.

Poème dédié aux deux sylvains.




 Claude-François Denecourt (1788-1875) - Charles Colinet (1839-1905).

Retour sur le sentier principal. 


Denecourt nomme ce sentier qui rejoint la grotte du Serment, le sentier des Atlantides.

Roche de Grisbourdon.


Cette grande roche n'est aujourd'hui plus indiquée sur le sentier actuel. Le cordelier Grisbourdon est un personnage tiré de La Pucelle d'Orléans, poème en quatorze chants de Voltaire, paru à Genève en 1752. Grisbourdon, qui avait voulu violer Jeanne, est en enfer et raconte son aventure aux diables.

« Ah ! bonjour donc, vous voilà, vous voici ;
C’est lui, messieurs, c’est le grand émissaire,
C’est Grisbourdon, notre féal ami ;
Entrez, entrez, et chauffez-vous ici :
Et bras dessus et bras dessous, beau père,
Beau Grisbourdon, docteur de Lucifer,
Fils de Satan, apôtre de l’enfer. »

Le petit Mont Aigu.

Roche de Prospérine (I). 
 
Prospérine est une divinité romaine équivalente à Perséphone dans la mythologie grecque. Elle est la fille de Cérès (ou Déméter) et Jupiter. Proserpine est la déesse des saisons. La mythologie raconte qu’elle a été enlevée par Pluton, dieu des Enfers qui l’a ensuite épousée. Un accord fut conclu entre Pluton et Jupiter pour que Prospérine puisse partager son temps entre les Enfers, symbole de l’automne et de l’hiver et le ciel, symbole du printemps et de l’été.

Prospérine (détail) par Dante Gabriel Rossetti, 1874. 
Tate Britain, Londres.

Rochers de Saturne.

Saturne (ou Cronos en grec) est un dieu de la mythologie romaine. Il est le fils d’Uranus, le Ciel et de Vesta, la Terre, le plus jeune des Titans, les dieux primordiaux qui précèdent les dieux de l’Olympe. Il succède à son père avec l’accord de ses frères à la condition qu’il n’ai pas de descendance. Pour cela il dévora les enfants qu’il eu avec sa sœur Ops, celle-ce réussi à sauver Jupiter qui prit la place de son père. Saturne détrôné et réduit à la condition de simple mortel, vint se réfugier en Italie, où il rencontra le dieu du commencement, Janus. Avec lui, il inventa l'âge d’or, c'est un temps d'innocence, de justice, d'abondance et de bonheur. C’était pour rappeler la mémoire de cet âge heureux qu'on célébrait à Rome les Saturnales. Avec l’avènement du christianisme, l’âge d'or devient une promesse, celui du Paradis.

Saturne dévorant un de ses enfants par Francisco Goya, vers 1820. 
Musée du Prado, Madrid.

Passage et roche du Serpent (J).


Station du père Guilbert (K).

L’abbé Pierre Guilbert, (1697-1759) précepteur des pages de l’écurie du roi Louis XV, auteur du livre : « Description historique des château bourg et forest de Fontainebleau, Contenant une Explication Hiftorique des Peintures, Tableaux, Reliefs, Statuës, Ornemens qui s’y voyent ; & la vie des Architectes, Peintres & Sculpteurs qui y ont travaillé ». Publié chez André Cailleau, Paris, 1731. L'abbé Guilbert est l'auteur de plusieurs ouvrages dont les Mémoires chronologiques et historiques de Port-Royal, publiées en 9 volumes entre 1755 et 1758.


Roche de Plutus (L).


Personnage de la mythologie grecque et romaine, Ploutôs ou Plutus, est le dieu des richesses et de l'abondance. Il est le fils du héros Iasion et de Déméter. Aux yeux des Grecs il personnifiait surtout la richesse agricole. Plutus est représenté sous les traits d'un enfant portant une corne d’abondance, mais aussi sous la forme d’un vieillard aveugle qui tient une bourse à la main. Aristophane lui a consacré une comédie ainsi que Marivaux, pièce qui fut jouée pour la première fois en 1728.

À gauche, Eiréné (la paix) portant Ploutos (la richesse), à droite, le rocher au XIXe siècle.


 « Après avoir gravi encore quelques pas, la lettre L va nous désigner le rocher de Plutus, l’une des plus formidables masse de grès de nos déserts, dont chacune de ses faces montre une physionomie différente, et au sommet de laquelle nous avons deux fois trouvé un petit trésor (85 centimes) déposé là sans doute par quelque explorateur fantaisiste pour savoir si d’autres que lui seraient assez allègres pour y monter. Aujourd’hui, mes 84 ans ne me le permettraient assurément pas. » Denecourt, 1873.

Grotte du Serment, « Dernière Folie Denecourt. » Entrée Sud.


Écoutons le Sylvain qui nous raconte l’origine du nom de cette grotte : « Mais d’où vient son nom demanderont les personnes qui n’en savent pas l’origine ? — Je vais en peu de mot en donner l'explication. C’était en 1853, en un beau jour d’automne, lorsqu’à peine venait d’être achevé mon belvédère, appelé le Fort de l’Empereur, baptême qui me fut imposé par l’Administration comme je l’ai déjà dit et écrit bien des fois dans mes Guides, c’était, dis-je, par un beau jour d’automne de 1853, je faisais ouvrir cette grotte du Serment, à la tête de quinze ouvriers carriers et terrassiers qui sapaient et fendaient les masses de grès, de manière à nous faire écraser et ensevelir tous sous les énormes blocs que leur rustique travail ébranlait et faisait écrouler à tout moment, c’était alors qu’un groupe de personnes, parmi lesquelles se trouvaient plusieurs de mes amis, attirés par le bruit de cet étrange travail, et voyant cette formidable trouée, ils en furent comme effrayés et se mirent à me sermonner, en ami, bien entendu. — Mais, mon cher Denecourt, vous allez vous ruiner, s’écrièrent-ils ! — C’est mon dernier tour de force, répliquai-je. — Ah bah ! voici longtemps et bien des fois que vous nous dites cela, et vous recommencez toujours de nouvelles folies. — Je vous jure que ce sera la dernière, et la preuve, c’est que je la nommerai la grotte du Serment, et qu’à son entrée comme à sa sortie, seront gravées les initiales D.F.D. ce qui voudra dire : dernière folie Denecourt, puisque folie il y a, dites-vous. — Hé bien ! nous prenons acte de ce serment et pour le sceller complètement, nous viendrons ensemble ici, à la fin de cet hardi travail, inaugurer la grotte du Serment. Voilà tout bonnement l’histoire de l’origine du nom de cette grotte, nom qui frapperait davantage, s’il avait pour cause quelque fait dramatique, quelque scène plus ou moins émouvantes. »

« Ne quittons pas ce sombre et terrible lieu sans en contempler, néanmoins, les énormes masses de grès qui surplombent au-dessus de nos têtes et les quartiers de grès que les efforts de mes ouvriers sont parvenus à loger comme clefs de voûte ou comme cales pour maintenir en l’air ces pierres géantes, indépendamment des murs de soutènement qui les supportent. Contemplons aussi, après avoir passé sous un banc de grès très épais et haut à pic, un véritable portique druidique, taillé et sculpté par la main de la nature à l’entrée de la partie la plus vaste du souterrain. C’est alors seulement que nous pénétrons dans la grotte du Serment, dont la voûte d’une seule pierre pèse peut-être plus d’un million de kilogrammes !!! » Denecourt, 1873.





Sortie Nord, grotte D.F.D.

Ne pouvant résister à l’appel de la création, Denecourt commet le parjure à son serment en creusant une nouvelle grotte à la Gorge du Houx : « et tout le monde sait comment j’ai tenu ce serment ! Qui a bu boira, dit le proverbe, et je ne m’en repens pas. Au revoir, ma chère grotte ! » La Dernière Folie Denecourt fut restaurée par Charles Colinet en 1901.

Croisement Route du Mont Aigu.

Roche de Longe-Pierre (M).

Vers le sommet du Mont Aigu.

Roche Feuilletée (N).

Le Saurien.
 


Roches du sommet du Mont Aigu (O).


Point de vue du Mont Aigu.
 


Le Cachalot (P).
 


Roche du Tonnerre (Q).
 



Le Sycophante (R).

Dans l'Athènes antique, un sycophante est un délateur professionnel, étymologiquement, « celui qui dénonce le voleur de figue. » Dans le système juridique athénien, un tribunal constitué de nombreux citoyens tirés au sort, assume le rôle d’accusateur public. Ses membres peuvent accuser les présumés criminels. S’il remporte son procès, l’accusateur perçoit une partie de l’amende versée par le coupable. Les sycophantes sont des citoyens qui lancent des accusations dans le seul but de s’enrichir, ils constituent une perversion du système. Le terme est clairement injurieux dès l’Antiquité : Démosthène les traite ainsi de « chiens du peuple ». Le plus célèbre des sycophantes est peut-être Judas qui vendit Jésus aux grands prêtres de Jérusalem pour trente pièces d’argent, le salaire de sa trahison.

L’arrestation du Christ de Fra Angelico, fresque vers 1450.
Museo di San Marco, Florence.

Une mystérieuse inscription.

Glissoire du Chasseur-Noir (S).


« Voici à notre gauche, tout au bord du sentier, la lettre S qui va nous désigner la Glissoire du Chasseur-Noir, et en effet ce n’est ni vous, ni moi, cher lecteur ou chère lectrice, mais bien l’ombre du légendaire Chasseur-Noir qui puisse entreprendre des glissades sur la pente rapide et unie de cette longue roche qui en même temps a un peu la forme d’un sphinx . » Denecourt, 1873.

Descente du Mont-Aigu.




Retour à la Faisanderie par la route de l'Ermitage.

Chêne sessile remarquable.

Arbre remarquable, parcelle 109.

La Faisanderie.





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