Sentier Denecourt n°5 - Rocher du Cuvier Châtillon.

Ce sentier fut inventé par Charles Colinet en 1887. Autrefois, le départ avait lieu au Bas-Bréau, du côté ouest de l'actuel D607, à partir du Briarée, un grand chêne tombé en 1899. L'ancien sentier passait entre quelques chênes remarquables baptisés par Colinet : le Philippe Ledieu, le colossal Jules Dupré, les deux chênes Dieulafoy, le Pâris. On traversait alors, bien facilement, la route de Paris (ex N7), pour trouver encore d’autres beaux chênes, comme le bouquet de la reine Blanche et le Jean-Ferdinand Chaigneau qui abritait de son ombrage le Rocher des Peintres marqué d’un D. Ensuite se trouvait le hêtre et la roche de Gilbert Duprez (E), l’Oasis de Christine Nilsson (F), le chêne de Caroline Duprez (G), « auprès duquel sa gracieuse marraine et son père firent entendre leurs voix ravissantes en chantant : Sombre forêt ». Puis l’on passait auprès du chêne de Marie Mira (H), au pied du Mocker et on arrivait au Rocher des Artistes, juste après se trouvait le Bouquet de Pauline (I), hêtre solidement planté sur une roche. Tous ces arbres ont aujourd'hui disparu. Le sentier arrivait enfin au Carrefour de l’Épine, le lieu de rendez-vous favori des artistes de Barbizon, aujourd’hui celui des varappeurs, amoureux de ces énormes blocs de grès formant un dédale rocheux où se trouvait un sentier en boucle, marqué de rouge.



Le Carrefour l’Épine fut ainsi ainsi nommé à cause d’un buisson d’aubépine qui en occupa le centre pendant plus d’un siècle et qui a disparu lors de l’élargissement de l’ex N7, après la Première Guerre mondiale. Adolphe Retté écrit à son propos, dans son ouvrage intitulé Dans la forêt, publié en 1903 : « Il est rare qu’un arbuste de cette espèce vive aussi longtemps. Celui-ci, malgré sa vieillesse, est demeuré magnifique : son tronc rugueux a plus de la grosseur du bras ; ses branches supportent une profusion de feuilles. Au printemps, lorsqu’il est en fleurs, il éblouit comme une grosse boule de neige que le soleil renonce à faire fondre. Le parfum amer qu’il répand autour de lui embaume tout le carrefour. Mais en août, il s’assombrit ; des figures bizarres se dessinent dans le lacis de ses ramilles. Je le saluai en passant, car il sied de rendre hommage à de tels patriarches où se condense l’âme vivace du monde végétal. »

Rocher des Artistes.

C’est sur cette roche que des peintres de Barbizon s'étaient amusés à peindre leurs noms en rébus : Cabat - un cabas ; Rousseau - une roue et un sceau ; Lelièvre - un lièvre ; Truelle - une truelle ... De nos jours, plus rien n’est visible, le temps ayant effacé ces inscriptions.



Le rocher des artistes photographié par Gustave Le Gray.

La cheminée de Cendrillon (J).



Rocher de Français (K).



François-Louis Français (1814-1897) est un peintre paysagiste, graveur et illustrateur de l'école de Barbizon, l'un des fondateurs de la Société des aquarellistes français. Originaire des Vosges, il arrive à Paris où il travaille dans une librairie tout en étudiant la peinture sous la direction de Jean Gigoux et de Jean-Baptiste Corot. Il débute au Salon de 1837. Sur les conseils de Corot, il fait un premier voyage d'études en Italie de 1846 à 1849, il y retournera à plusieurs reprises. Abandonnant les idées socialistes de sa jeunesse, il fréquente sous le Second Empire les soirées offertes par Napoléon III afin de s'attirer sympathie et commandes officielles. Illustrateur de nombreux ouvrages de son époque, notamment Robinson Crusoé, il collabore à plusieurs journaux, et grave plusieurs œuvres d'interprétation dont celles de Prosper Marilhat. A l'exception de quelques portraits (dont ceux de Corot, Ingres, la duchesse d'Orléans...), son œuvre comprend surtout des paysages. En 1905, Plombières-les-Bains, sa ville natale, à qui il avait fait donation de sa maison, la transforme en Musée Louis Français. Une rue de Paris porte son nom depuis 1907.

Sous-bois à Fontainebleau, lavis d'encre, traits de plume et encre noire. Collection privée.

Route de la Solitude.


Grotte de la Solitude (4).


Oasis de Gustave Boulanger (5).







Gustave Boulanger (1824-1888) est un peintre orientaliste français. Né à Paris de parents d’origine créole, il devient orphelin en 1838. Il est admis en 1846 à l’École des beaux-arts de Paris dans les ateliers de Pierre-Jules Jollivet et de Paul Delaroche. Boulanger remporte le prix de Rome de 1849 avec Ulysse reconnu par Euryclée. Il devient membre de l’Académie des beaux-arts en 1882 et enseigne à l'École nationale supérieure des beaux-arts et à l'Académie Julian. Il réalise de nombreuses commandes de l'État pour des décorations, dont le foyer de la danse de l’Opéra de Paris, une partie du décor de l’Opéra de Monte-Carlo et de celui de la mairie du 13e arrondissement de Paris.

Ulysse reconnu par sa nourrice Euryclée, 1849. 
École des Beaux-Arts de Paris.

Gustave Boulanger dans son atelier, vers 1885.

Roche de Taylor (6).

Isidore Justin Séverin Taylor (1789-1879) est un dramaturge, homme d'art et philanthrope, précurseur du mouvement romantique. Né à Bruxelles, il passe sa jeunesse à Paris, puis abandonne ses études et voyage à travers la France, en 1818 il publie avec Charles Nodier, Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Dans les années 1820, il écrit ou traduit de nombreuses pièces de théâtre. En 1821, il est un des créateurs du théâtre Panorama-Dramatique. Il écrit dans les journaux et les revues de critique d'art. À l'occasion de son sacre en 1825, Charles X le fait baron. Romantique convaincu, il prend une part active à la « campagne des Hugolâtres » et profite de ses fonctions pour mettre à la scène Henri III et sa cour d'Alexandre Dumas puis Hernani de Victor Hugo. En 1829, il commence à faire transporter à Paris, place de la Concorde, l'obélisque de Louxor dont il avait proposé l'acquisition en 1828, mais la révolution de 1830 arrête l'opération. En 1838, il est nommé inspecteur général des Beaux-Arts. Il est chargé par Louis-Philippe d'acquérir des tableaux en Espagne, qui permettent l'ouverture de la Galerie espagnole du Musée du Louvre. En 1840 il crée l'association de secours mutuel des artistes dramatiques, puis celles des musiciens, peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs, inventeurs et artistes industriels. Il est également l'un des fondateurs de la Société des gens de lettres et une fondation, fille de ces associations porte aujourd'hui son nom, la Fondation Taylor. Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1847 et nommé sénateur du Second Empire en 1869. Une rue de Paris porte son nom.

Le baron Taylor, portrait par Pierre Petit.

Roche de Veyrassat (9).

Jules Jacques Veyrassat (1828-1893) est un peintre et graveur de l’école de Barbizon qui habita Samois-sur-Seine. Ses sujets abordent les thèmes de l'élevage et du travail des chevaux dans la vie agricole. En 1878, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. 

 Scène de moisson, 1866. Walters Art Museum.

Roche de Charles Jacque (10).


Charles Jacque (1813-1894), est un peintre animalier et graveur de l'école de Barbizon. « M. Jacque est une réputation nouvelle qui ira toujours grandissant, espérons-le. Son eau-forte est très hardie et son sujet très bien conçu. Tout ce que fait M. Jacque sur le cuivre est plein d'une liberté et d'une franchise qui rappelle les vieux maîtres », Charles Baudelaire lors du Salon de 1845.

 Autoportrait de 1862.

Roche Ceramano (11).

Charles Ferdinand Ceramano (1829-1909), est un peintre de l'école de Barbizon, il fut l’élève de Charles Jacque dont il racheta la maison à Barbizon, où il vécut de 1869 jusqu’à sa mort. 

Le troupeau à l’orée du bois, Musée de Toulon.

Arbre remarquable.

Hêtre, fagus sylvatica, à basses ramures, parcelle 883.

Roche curieusement décollée (M).

 Point de vue avec bassin.


Rocher de Roland (N).


Roland dit le preux, est un chevalier franc, comte des Marches de Bretagne, né en 736 et mort en 778 à la bataille de Roncevaux. Après avoir pillé Pampelune, l’armée du futur Charlemagne laissa une arrière-garde commandée par Roland, pour protéger sa route vers le nord. Les Vascons, ancêtres du peuple basque, attaquèrent les troupes de Roland dans un col des Pyrénées. Roland et ses hommes furent massacrés. Trois cents ans plus tard, la Chanson de Roland remplaça les Vascons par des Sarrasins, et la mort de Roland devint le symbole de l'affrontement entre chrétiens et musulmans. Ainsi naquit la légende de Roland.

« La Chanson de Roland » film réalisé par Frank Cassenti en 1978,
 avec Klaus Kinski dans le rôle titre.

Brèche de Durandal.


Durandal est le nom de l’épée mythique du chevalier Roland. La légende raconte que Roland a tenté de casser son épée sur un rocher pour qu'elle ne tombe pas aux mains des Sarrasins, mais c'est le rocher qui se brisa, ouvrant une large brèche. Une autre version veut que Roland ait appelé l’archange Michel à l’aide, puis lancé son épée vers le ciel. Durandal traversa alors miraculeusement plusieurs centaines de kilomètres avant de se ficher dans le rocher de Notre-Dame de Rocamadour, où l’on peut encore la voir. Le nom de Durandal fut donné à un navire de guerre ainsi qu’à un prototype d’avion de combat français construit en 1956.

L’épée Durandal à Rocamadour.

Roches Faidherbe (O).


Louis Faidherbe (1818-1889) est un militaire et administrateur colonial, né à Lille d’un père fabricant de bonnet. Le jeune Faidherbe fait de brillantes études à l'École polytechnique puis devient officier de l’artillerie et du génie. Il participe à la conquête de l’Algérie sous la monarchie de Juillet. En 1852 il est nommé gouverneur du Sénégal et commence aussitôt une lutte armée contre le peuple sérère du Royaume du Sine. L’issu du conflit se décidera lors de la bataille de Logandème en 1859 au cours de laquelle les troupes coloniales françaises battent les guerriers du roi de Sine. Une fois le pays sous son contrôle, Faidherbe entreprend la construction du chemin de fer de Dakar au Niger. En France lors de la guerre de 1870, Gambetta le nomme général de division, il se bat autour d’Amiens mais ne peux repousser la forte poussée allemande et bat en retraite sur Lille où il se retranche. Après la chute du second Empire, il sera élu député du Nord puis sénateur, toujours sous la houlette de Gambetta. Faidherbe publia plusieurs ouvrages sur les langues du Sénégal. Une rue et une station de métro portent son nom à Paris

 Louis Faidherbe.

Brioche de Brillat-Savarin (*).

Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826) est le plus célèbre des gastronomes, mais aussi un homme politique et un musicien. Maire de la petite ville de Belley, il est envoyé comme député du Tiers État et participe à la Constituante, puis à l'Assemblée nationale en 1789. En tant que Girondin, il craint la montée en puissance des Montagnards et décide de s’éxiler en Suisse. Il se rend ensuite à Londres et aux Pays-Bas puis s’embarque en 1794 pour les États-Unis. Il gagne sa vie en donnant des leçons de français et en jouant du violon au théâtre de New-York. Il rentre en France en 1796 et entame une carrière de magistrat, nommé conseiller à la Cour de cassation, il occupera ce poste jusqu'à sa mort le 1er février 1826. C’est au sein de cette juridiction qu’il se consacre à l’étude et à l’écriture, loin des tumultes de l’Empire et de la Restauration. En 1801 il est l'un des fondateurs de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, organisme qui existe toujours. En 1803 Napoléon le fait Chevalier de la Légion d'honneur. C’est en décembre 1825 qu’est publié l’ouvrage qui le rendra célèbre : « La physiologie du Goût. » Balzac écrira en préambule à la seconde édition : « Quant au public, il ne s'y est pas trompé ; il a gardé toute sa faveur à cet écrivain dont l'expression a tant de saveur et de spontanéité. Les aphorismes, comme les maximes, comme les proverbes, s'appliquent à des réalités qui sont aussi vieilles que l'humanité ; ils n'inventent rien, mais condensent en une formule définitive une sagesse millénaire ; c'est pourquoi Brillat-Savarin a pris sa place parmi les grands classiques. » On doit à Brillat-Savarin cette célèbre formule : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » Une rue de Paris porte son nom ainsi qu’un fromage.

 Brillat-Savarin, gravure par Bertal.

Le Bolide (*).





Belvédère de la Surprise (P). 

Roche de Cambronne (Q).
 

Pierre Jacques Étienne Cambronne (1770-1842) est un militaire de la 1ère République puis du 1er Empire. En 1792, il s’enrôle pour se battre contre les Chouans. Fidèle à l’Empereur, il est nommé commandant de la garde impériale à l’île d’Elbe et accompagne Napoléon lors des Cent-Jours. Commandant le dernier carré de la Vieille Garde à Waterloo et sommé de se rendre par les Anglais, la légende raconte que sa réponse fut : « La garde meurt, mais ne se rend pas », puis le fameux mot de Cambronne : « merde !». Par la suite il nia cet épisode, déclarant : « Je n'ai pas pu dire la Garde meurt, mais ne se rend pas, puisque je ne suis pas mort et que je me suis rendu »

 Pierre Jacques Étienne Cambronne.

Rocher du Chameau.

Route de Bellevue.




Rocher de Jenner (R).


Edward Jenner (1749-1823) est un scientifique et médecin anglais connu comme le premier médecin à avoir introduit et étudié le vaccin contre la variole.

Edward Jenner, gravure de J.R. Smith.

Roche de Pasteur (*).

Louis Pasteur, (1822-1895) est un scientifique, chimiste et physicien pionnier de la microbiologie, qui connut une immense notoriété pour avoir mis au point le vaccin contre la rage.

Portrait par Nadar.

Roche de Chevreul (*).

Michel-Eugène Chevreul (1786-1889) est un chimiste surtout connu par sa longévité, il fut le directeur du Muséum national d’histoire naturelle pendant de nombreuses années. Il est l’auteur d’un ouvrage intitulé : « De la loi du contraste simultané des couleurs » publié en 1839 et qui influencera fortement les peintres de l’école Néo-impressionniste, comme Seurat, Signac et Pissaro. Son centenaire, en 1886, est célébré comme un événement national. Une médaille d'or, gravée par Oscar Roty est frappée à cette occasion. Nadar réalise une série de photos et un entretien avec Chevreul, publié le 5 septembre 1886 dans le Journal Illustré. C’est le premier reportage photographique de l'histoire.

Portrait par Nadar.

L’Aérolithe (*).

 Pin sylvestre remarquable.


Galerie du Cuvier-Châtillon (S).

Grotte de Sœur Anne (T).


Sœur Anne est un personnage du conte « La Barbe bleue » de Charles Perrault, paru avec « Les Contes de ma mère l'Oye » en 1697. Anne est la sœur de la jeune épouse de la Barbe bleue, elle guette l’arrivée de leurs frères, pendant que l’horrible mari veut trancher le cou de sa femme retranchée dans une chambre du donjon. Paniquée, l’épouse interroge sa sœur par la célèbre formule : « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? ». Mais cette dernière répète qu'elle ne voit : « que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie. »

Barbe bleue et Sœur Anne, illustration de Gustave Doré, 1867.

Grotte de Barbe-Bleue (*).


Le personnage de Barbe-bleue est à l'origine inspiré de la tradition orale. C'est une variante de l'ogre qui s'attaque à ses femmes et à ses enfants. Le personnage de Perrault fut associé à différentes personnalités, comme Gilles de Rais, Henri VIII d’Angleterre, Landru…  Barbe-bleue inspira nombre d'écrivains, musiciens et cinéastes.

« Barbe-Bleue » film de Christian Jaque, sorti en 1951 
avec Pierre Brasseur dans le rôle titre.

Oubliettes du Cuvier-Châtillon (U).


Madone.


Vierge peinte vers 1900 par Mgr. Edmond Loutil dit Pierre l’Ermite (1863-1959) prêtre, écrivain et journaliste au journal La Croix. Edmond Loutil venait régulièrement à Chailly-en-Bière où il possédait un atelier. Il fut le curé de la paroisse Saint-François-de-Sales à Paris et fît construire l’église Sainte Odile achevée en 1946. La peinture fut restaurée par une religieuse de Fontainebleau en 1963.

Abri de Sampité (V).

Césaire Sampité était un garde forestier en poste au Bas-Bréau. Le 11 septembre 1887, il fut retrouvé mort, carrefour du Mont de Faÿs, atteint par deux décharges de chevrotines. L’enquête montra que son corps avait été déplacé, traîné à travers bois pour être dissimulé dans un buisson. On ne retrouva jamais le (ou les) meurtriers, l’émotion était grande dans la communauté forestière, un monument fut donc construit sur les lieux du crime. Ce drame, impliquant la mort d’un forestier, n’était pas le premier. L’assassinat du garde Gitton en 1650 et Marthe en 1815, marqua aussi les esprits.

Balcon de Louis XI (X).

Louis XI (1423-1483) est le fils de Charles VII et de Marie d’Anjou, les relations entre le père et le fils sont détestables. Lassé de patienter, il entre en rébellion contre son père qui le contraint à l’exil. Il ne rentre en France, royaume morcelé, qu’à la mort de son père en 1461. Dès le début de son règne, il sillonne son royaume ravagé par la Guerre de Cent Ans et s’emploie à le reconstruire. Il n’aime que ceux qui lui doivent tout et qu’il peut aisément manipuler, comme son barbier qu’il nomme comte puis le fait pendre peu après. Homme pieux et superstitieux, il écrit néanmoins deux récits licencieux : « le Mari maquereau de sa femme » et « le Cornard débonnaire. » Le roi apprécie la gaudriole et surtout la chasse. Son principal ennemi est le Bourguignon Charles surnommé le Téméraire. Tout oppose les deux hommes, Charles est un sanguin, Louis est prudent, l’un aime le luxe et les parures, l’autre se complait dans l’austérité. Louis XI doit son surnom d’universelle araignée à Philippe de Commynes, chroniqueur de son règne. Le roi ne comprit pas les grands changements de son temps, comme l’invention de l’imprimerie, bien qu’il créa la Poste royale en 1479. Il ne vit pas la renaissance italienne, son unique action en faveur des artistes fut de libérer François Villon de sa prison. Louis ne vécut que pour son métier de roi, sa passion : gouverner. Il construisit une France dont les limites géographiques coïncident à peu près avec celles de la France d’aujourd’hui, Louis XI fut un des créateurs du monde moderne.

Louis XI, portrait anonyme (XVe siècle).

Falaises du Cuvier-Châtillon (Y).


Roche du Sergent Bobillot (Z).

  
Jules Bobillot (1860-1885) est un militaire engagé à 20 ans au 4e régiment du génie. Sergent durant la Guerre franco-chinoise, il se distingue par son courage lors du siège de Tuyen Quang où il est grièvement blessé. Décédé un mois plus tard à l'hôpital d'Hanoï, il devient rapidement un héros colonial, symbole du patriotisme promu par la Troisième république. Ses cendres ont été ramenées en France en 1966. Une rue de Paris porte son nom ainsi que dans de nombreuses villes de France. La statue du boulevard Richard Lenoir fut inaugurée le 15 juillet 1888 et détruite en 1940 par le gouvernement de Vichy pour fournir du bronze aux Allemands.

Le sergent Bobillot.

Atelier de Roty (A).

  
Louis Oscar Roty (1846-1911) est un graveur de monnaies et médailleur, principalement connu pour l'une de ses œuvres dénommée « la Semeuse », utilisée en France sur les pièces de monnaie dès 1898 et sur les timbres postaux dès 1903. Une rue de Paris porte son nom.

Première esquisse de la Semeuse au fusain, projet de médaille 
pour le Ministère de l'Agriculture dessinée par Oscar Roty vers 1886.
  
Route du Cuvier-Châtillon.


La Merveille (B).

Rocher de Brantôme (C).


Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, né aux environs de 1540 à Bourdeilles, en Périgord et mort en 1614, dans son château de Richemont, est un écrivain connu pour ses mémoires de courtisan et de soldat.

Pierre de Bourdeille abbé de Brantôme, 
dessin par Nicolas Lagneau, musée Condé de Chantilly.

Roche de l’Amiral Courbet (D).

Amédée Courbet (1827-1885) est un officier de marine célèbre pour ses victoires en Indochine. Jeune étudiant à l’école Polytechnique, il participe activement à la révolution de 1848, faisant le coup de feu sur les barricades. Après les Journées de Juin, il s’embarque en tant qu’aspirant à bord du navire L’Océan et commence une brillante carrière d’officier de marine. En 1879, il est nommé gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, fonction qu’il n’apprécie guère. En 1883 il part pour l’Indochine et livre bataille aux Pavillons Noirs, soldats irréguliers que les Chinois envoient contre les Français. Le vice-amiral Courbet enchaîne les victoires et affronte directement les troupes chinoises lors de la bataille de la rivière Min, la flotte ennemie est détruite. Après cette guerre, une paix fragile s’installe, Courbet s’affaiblit, rongé par la maladie, il s’éteint le 11 juin 1885 à bord du cuirassé Bayard. En France il est considéré comme un héros, Pierre Loti écrit sa biographie. 

 Portrait par Ernest-Eugène Appert.

Rocher de la Tirelire (E).

Sphinx du Cuvier-Châtillon (F).

Roche de Maupassant (G).


Guy de Maupassant (1850-1893) est un écrivain qui connut une grande gloire de son vivant bien que sa carrière littéraire fut assez brève, se limitant à une décennie. Ce sont surtout ses contes, publiés chaque semaine dans les journaux Le Gaulois et Gil Blas, qui le rendirent célèbre. Il fut très lié à Gustave Flaubert et à Émile Zola avec qui il partagea le goût du réalisme bien que ses contes laissent une grande part au fantastique. Il situe une partie de son roman Notre coeur, paru en 1890, à Montigny-sur-Loing et dans la forêt de Fontainebleau.

Guy de Maupassant, portrait par Nadar.

Route de Luxembourg.

François-Henri de Montmorency-Bouteville (1608-1695), plus connu sous le nom de maréchal de Luxembourg est un militaire du règne de Louis XIV. Son père est exécuté six mois avant sa naissance pour s'être battu en duel place Royale à Paris. Élevé par sa tante, la princesse de Condé, il s’attache à son cousin, le duc d'Enghien et prend part à la Fronde, tous deux s'exilent aux Pays-Bas espagnols. De retour en France en 1659, il est pardonné par le roi. En 1672, pendant la guerre de Hollande il est nommé gouverneur du pays qu’il a entièrement ravagé. En 1674 il est fait capitaine des gardes du roi, et en 1675, maréchal de France. Lorsque survient l'affaire des Poisons, Montmorency est soupçonné d'assassinat et emprisonné à la Bastille en janvier 1680. Rapidement libéré, il est condamné à l'exil sur ses terres. En 1688, il retrouve grâce aux yeux de Louis XIV qui lui donne le commandement de l'armée des Flandres. Le 1er juillet 1690 il remporte une grande victoire à la bataille de Fleurus. Pendant la Guerre de neuf ans, Montmorency remporte plusieurs victoires face à la coalition menée par le prince d'Orange, bataille de Steinkerque en 1692 et de Neerwinden en 1693, connue pour être la bataille la plus meurtrière du XVIIe siècle. Ses succès militaires lui valent le surnom de « tapissier de Notre-Dame » en raison du grand nombre de drapeaux pris à l’ennemi et suspendus dans la cathédrale. Son fils, Christian Louis de Montmorency-Luxembourg, sera aussi un Maréchal de France et fera construire l’hôtel Matignon.

 Gravure de Vermuelen d’après le tableau de Hyacinthe Rigaud.

Chêne d'Eugène Sue.


Marie-Joseph Sue dit Eugène Sue (1804-1857) est un écrivain surtout connu pour deux œuvres à caractère social, d’abord publiées sous forme de roman-feuilleton : « Les Mystères de Paris » et « Le Juif errant ».



Le chêne d'Eugène Sue en 1922.

Défilé de Kléber (T).

Jean-Baptiste Kléber (1753-1800), est un général français qui s'est illustré lors des guerres de la Révolution. En 1769, Kléber s'engage dans l'armée à l'âge de 16 ans, mais sa mère le force à revenir à Strasbourg pour qu’il poursuive des études de dessin, puis d’architecture à Paris. En 1777, il s'engage comme cadet à l'académie militaire de Munich puis rejoint l’armée autrichienne qu’il décide de quitter en 1783 faute de promotion, car il n’est pas noble. De 1788 à 1792, Kléber est l'architecte officiel de la ville de Belfort, puis s’engage dans l’armée du Rhin et s'illustre dans la défense de la forteresse Mayence assiégée en 1793. Devenu général de brigade, il est envoyé en Vendée pour y écraser le soulèvement, mais les Chouans infligent plusieurs défaites aux armées républicaines. C’est à la bataille du Mans et de Savenay qu’il prend sa revanche face à l’armée catholique et royale de Vendée, finalement vaincue. Mais les Chouans luttent toujours et Kléber part en Bretagne pour les combattre. En mai 1794, il quitte définitivement l'Ouest pour passer dans l'armée du Nord et il participe activement à la victoire de Fleurus. 

La Bataille de Fleurus par Jean Baptiste Mauzaisse, 1837. Château de Versailles.

Le gouvernement du Directoire le trouve trop jacobin et Kléber tombe en disgrâce, perdant tout commandement. Le général Bonaparte se souvient de lui et l’attache à son service pour la campagne d’Égypte. Le 2 juillet 1798, il est blessé lors de la prise d’Alexandrie. En février 1799, la division Kléber est aux centres des combats d'El-Arich puis de la bataille du Mont-Thabor, avant l’assaut infructueux sur la forteresse de Saint-Jean-d'Acre. Quand Napoléon décide de rentrer en France, il confie à Kléber le commandement de l'armée d'Égypte. Le général conclut avec les Anglais un accord pour une évacuation honorable d'Égypte par l'armée française. Accord qui n’est pas respecté par l'amiral Keith qui demande aux Français de se constituer prisonniers. Kléber reprend les hostilités et remporte une grande victoire à Héliopolis contre les Turcs que les Britanniques avaient disposés en face des troupes françaises le 20 mars 1800. Le général reprend Le Caire et la Haute-Égypte. Le 14 juin 1800, il est assassiné d'un coup de poignard dans le cœur par un étudiant syrien. Napoléon dira de lui : « Courage, conception, il avait tout. Sa mort fut une perte irréparable pour la France et pour moi. C'était Mars, le dieu de la guerre en personne. »

Kléber en général, chef de l'armée d'Orient 
par Jean-Joseph Ansiaux, 1804. Châteaux de Versailles.

La Girafe (S).


Passage de Masséna (R).

André Masséna (1758-1817) duc de Rivoli, prince d'Essling, est un maréchal du 1er Empire. Né à Nice, orphelin, il s’engage à 13 ans comme mousse sur un navire marchand, puis à l'âge de 17 ans, dans le régiment Royal-Italien stationné à Toulon. Il quitte l'armée royale dès les premiers jours de la Révolution et devient contrebandier dans la région d’Antibes. En 1791 il rejoint la Garde Nationale et participe à la prise de Nice. Devenu général en 1793, il est affecté à l'armée d'Italie et remporte une grande victoire lors de la bataille de Loano. Lors de la bataille de Rivoli en janvier 1797, sous le commandement de Bonaparte, son action est décisive ce qui lui vaut le surnom « d’enfant chéri de la Victoire. »


Napoléon à la bataille de Rivoli, par Félix Philippoteaux, Châteaux de Versailles.

Le Directoire le charge du commandement des troupes d’occupation des États Pontificaux. Masséna réprime durement l’insurrection de soldats mécontents de n’être pas payés. Les officiers aussi se révoltent et il doit quitter son poste. Il se tourne alors vers Bonaparte et lui écrit : « Que vais-je devenir ? J’ai recours à vos bontés, j’attends tout de vous », il n’obtient pas de réponse. Le Directoire le rappelle et l’envoie se battre contre les Russes, il remporte la victoire à Zurich en septembre 1799. Après le coup d’État du 18 Brumaire, Bonaparte envoie Masséna contre les Autrichiens en Italie, mais il capitule à Gênes en juin 1800. De nouveau en disgrâce, il est pourtant élu député en 1803 et s’oppose au Consulat à vie pour Bonaparte, mais le tout nouvel empereur lui accorde pourtant le bâton de maréchal. Durant le règne de Napoléon, Masséna participe aux batailles d’Essling et de Wagram, commande l’armée du Portugal contre Wellington qu’il ne parvient pas à vaincre, l’empereur le nomme alors gouverneur de Marseille, un poste subalterne. Pendant les Cent-Jours, Masséna se rallie à l’Empereur. Commandant de la Garde nationale de Paris après Waterloo, il est démis de cette fonction par Louis XVIII. Il meurt deux ans plus tard, à 59 ans. Réputé pour ses nombreux pillages, il accumula une énorme fortune dont son fils François Victor héritera, ce qui permit à ce dernier de vivre une vie de rentier fortuné, et de se passionner pour l’ornithologie.

 Portrait d’André Masséna par Antoine-Jean Gros, 1834. Musée de l'Armée.
 
Roche étrange ou le bicorne de Masséna.


Observatoire du Sud (Q).




Belvédère de Flaubert (P).

Gustave Flaubert (1821-1880) est un écrivain du mouvement réaliste, célèbre pour ses grands romans comme Madame Bovary (1857), Salammbô (1862) et l'Éducation sentimentale (1869). Flaubert visita Fontainebleau en 1833, la même année que l’escapade amoureuse de George Sand et Alfred de Musset. Il y retourna pour écrire le chapitre de L'Éducation sentimentale relatif à une escapade du même genre, mais fictive : celle de Frédéric Moreau et de Rosanette. Le séjour des deux amants s’effectue pendant les terribles journées de juin 1848, ils échappent ainsi aux violents combats qui ensanglantent Paris. Après avoir visité le château, le couple explore la forêt à bord d’une calèche.

 Frédéric Moreau et Rosanette.

« Le sérieux de la forêt les gagnait ; et ils avaient des heures de silence où, se laissant aller au bercement des ressorts, ils demeuraient comme engourdis dans une ivresse tranquille. Le bras sous la taille, il l'écoutait parler pendant que les oiseaux gazouillaient, observait presque du même coup d'oeil les raisins noirs de sa capote et les baies des genévriers, les draperies de son voile, les volutes des nuages ; et, quand il se penchait vers elle, la fraîcheur de sa peau se mêlait au grand parfum des bois. Ils s'amusaient de tout ; ils se montraient, comme une curiosité, des fils de la Vierge suspendus aux buissons, des trous pleins d'eau au milieu des pierres, un écureuil sur les branches, le vol de deux papillons qui les suivaient ; ou bien, à vingt pas d'eux, sous les arbres, une biche marchait, tranquillement, d'un air noble et doux, avec son faon côte à côte. Rosanette aurait voulu courir après, pour l'embrasser. » L'Éducation sentimentale, 1869.

Belvédère de Balzac (N).

Honoré de Balzac (1799-1850) est un écrivain, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur, il a laissé l'une des plus imposantes œuvres romanesques de la littérature française, avec 91 romans et nouvelles parus de 1829 à 1852, le tout constituant un ensemble réuni sous le titre de la Comédie humaine. Balzac est considéré comme l’inventeur du roman moderne. Dans la Comédie humaine, deux romans rappellent les séjours que Balzac fit à Grez-sur-Loing : Ursule Mirouët et Splendeurs et misères des courtisanes. Balzac logeait chez son amie, madame de Berny, qui possédait une villa nommée la Bouleaunière.

Portrait de Balzac, autour de 1820, dessin attribué à Achille Devéria.


Dans une grotte visible du Belvédère de Balzac, se trouve un étrange dessin.

Mare au Canard. 


Cette mare fut creusée par Charles Colinet en 1887.

Niche à Bleau (M).



Le père Dan, dans son histoire du château de Fontainebleau publiée en 1642, raconte l’aventure du chien qui aurait découvert la Fontaine Bleau et qui existe encore au milieu du Jardin Anglais : « Un de nos Roys chassant un jour en cette forest de Bierre, il arriva qu’un chien appelé Bleau ou Bliau, s’étant égaré de la chasse, comme on le cherchait, parce que c’était un chien que le Roy aimait fort, il fut trouvé auprès d’une fontaine au milieu de cette forest où il se rafraichissait, lassé du travail de la chasse ; et parce que cette fontaine n’était pas encore connue, et que ce chien semblait en avoir donné la connaissance, elle fut depuis appelée la Fontaine de Bleau. » La légende était déjà connue du temps de François 1er qui avait demandé au Rosso de peindre à fresque une nymphe de Fontaine Bleau.

Le chien Bleau, dessin de Pisanello, Musée du Louvre.

Observatoire des Francs-Tireurs (L).

Passage des Francs-Tireurs (K).



Durant la guerre de 1870, la forêt abrita quelques francs-tireurs, qui sous le commandement de M. de Montdésir, parvinrent à inquiéter l’ennemi. Des battues gigantesques furent organisées par les Prussiens pour s’en débarrasser. Le 14 janvier 1871, en face de la butte Saint-Louis, des coups de feu furent tirés sur la voiture des dépêches allemandes qui faisait le service entre Melun et Fontainebleau; un soldat prussien fut tué ainsi que des chevaux, et un homme fut blessé. C’est à cette occasion que le commandant de place, Van Hagen, exigea du maire de la ville, qui était à cette époque M. Denis Guérin, qu’un conseiller municipal ou une personne notable accompagnât la poste, comme otage, le rendant responsable, sur sa vie, dans le cas où de nouveaux coups de fusil seraient tirés.

Francs-Tireurs de 1870.

Inscription Colinet.

Dans la 24ème édition de l'indicateur Denecourt-Colinet (vers 1887), Charles Colinet écrit :

« Avançons un peu pour voir une belle muraille diluvienne, ombargée, à son origine, par le Weber, beau hêtre placé là en fonction, comme une sentinelle d’honneur, à côté de l’inscription que nous avons consacrée à nos aimable collaborateurs :


A NOS SOUSCRIPTEURS
1875-19..
HOMMAGE ET RECONNAISSANCE

Les deux millésimes indiquent le commencement et la fin de notre carrière sylvestre. Puisse le Créateur des belles choses que nous voyons, oublier encore longtemps de compléter le dernier ! »



Charles Colinet, fut le successeur de Claude-François Denecourt, il poursuivra l’œuvre du Sylvain, devenant ainsi, le second Sylvain de la forêt de Fontainebleau. Il naquit le 26 septembre 1839 dans la commune Les Loges-en-Josas. Il fit ses études au collège de Melun et s’installa à Fontainebleau 1860. Conducteur des Ponts et Chaussées, puis chef de bureau de l’ingénieur, il prit sa retraite en 1890. C’est en 1865 qu’il rencontre l’homme qui allait changer sa vie ; le journaliste Ernest Bourges le présente à Denecourt pour la rectification d’une carte de la forêt. Colinet écrit en 1895 : « J’habite Fontainebleau depuis 1860, c’est à dire que les trois quarts de ma vie se sont passés dans la forêt. Jeune homme, je l’ai parcourue avec Denecourt qui m’en a fait comprendre le charme et la poésie ; un jour vint où je pus, moi aussi, lui consacrer mes soins, alors ce fut pour moi une véritable passion. » Après la mort de Denecourt, survenue le 24 mars 1875, Colinet publia au printemps 1876, la 18e édition du guide Denecourt. Il publia par la suite plusieurs autres éditions, d’un format plus petit (in-16°), ce qui permettait de l’avoir en poche lors d’une promenade en forêt. Ces nouvelles éditions prirent le nom de guide Denecourt-Colinet.

 Charles Colinet.

Tout en poursuivant l’œuvre éditoriale de Denecourt, Colinet lança de nombreux travaux de restauration et d’embellissement grâce à l’argent récolté par une souscription. En 1878 il fit reconstruire la Tour Denecourt, en 1879 il restaura le sentier des Demoiselles inventé par le serrurier Bournet et ensuite abandonné. Il restaura la fontaine Sanguinède en 1884, puis toutes les fontaines du sentier n°2, enfin la fontaine du Mont Chauvet qui s’était écroulée en 1889. Il fit construire la fontaine Maria, du nom de sa femme, en 1891. Il fit creuser différentes mares comme celle qui porte son nom, la mare aux Canards, aux Biches, aux Bouleaux, du Gros Fouteau, Froideau ... Il fit creuser la grotte Maria Brunetti, la grotte qui porte son nom, la caverne d’Augas. Il restaura la grotte du Serment et du Chasseur Noir. Colinet inventa de nombreux nouveaux sentiers dont les principaux sont la promenade du Cuvier-Châtillon, la partie sud du sentier n°4 actuel, de la Solle au Rocher Saint-Germain, le sentier du Rocher Cassepot, le sentier du Long-Boyau et de nombreux sentiers de liaisons.

 Charles Colinet (1839-1905), le deuxième Sylvain.

En 1904, Colinet écrit : « Après la mort de Denecourt, en 1875, je n’avais, pour assurer l’entretien de 150 kilomètres de sentiers, que les 500 francs de la subvention de la Ville ; cette somme ne me permettait que d’aller au plus pressé, lorsqu’en 1878, le succès de la souscription que j’avais lancé pour reconstruite la Tour Denecourt, me donna l’idée d’associer mes concitoyens à l’œuvre que j’avais entreprise. J’ouvris donc une souscription permanente en faveur de mes sentiers. Cette souscription atteint aujourd’hui (1904) le chiffre de 65,400 francs, égal à la somme dépensée pour l’entretien et les nouveaux travaux. » C’est en hommage à ces généreux donateurs que Colinet écrivit sur ce rocher sa reconnaissance. « Colinet a magnifiquement étendu et parachevé le chef-d’œuvre de Denecourt. » Ainsi s’exprime l’écrivain Adolphe Retté dans le Souvenir Colinet, livre qui lui a été offert le 27 mai 1900, à l’occasion de l’inauguration de son médaillon, don des artistes, des poètes et des touristes et situé près de la Roche Éponge sur le sentier n°2. Le 11 mai 1905, la maladie qui minait Charles Colinet finit par l’emporter. Sa femme Maria continua son œuvre.

Frontispice de la 34ème édition du guide Denecourt-Colinet.

Défilé de Brûle-Poussier (J).


En hommage à un dénommé Brûle-Poussier de Moret, qui, durant la guerre de 1870, allait bravement chercher des voitures de vivres jusqu’à Melun, au milieu des Allemands, et les amenait par la forêt, aux francs-tireurs campés dans les rochers.

Roches des deux Goncourt.


L’expression les frères Goncourt ou les deux Goncourt désigne les écrivains Edmond et Jules de Goncourt. Appartenant à l’école naturaliste, ils ont écrit en collaboration plusieurs romans et tenu un journal qui les rendra célèbres. Edmond est né en 1822 à Nancy, les autres enfants du couple Huot de Goncourt naissent à Paris, dont deux filles qui meurent très jeunes et Jules, né en 1830. « Deux frères jumeaux à huit ans de distance », les baptisa un jour Sainte-Beuve. L’année 1848 marque une étape décisive dans leurs vies. La Révolution de Février avec l'instauration de la IIe République leur inspire des sentiments ambivalents. Si, dans leur Correspondance, les deux frères se montrent d'ardents défenseurs de la propriété, ils condamnent la sanglante répression des journées de Juin. Dès lors, ils choisissent la vie d'artiste : Edmond abandonne son emploi de comptable et Jules « prend son parti de ne rien faire. » Ils connaissent la vie de bohème et voyagent en Algérie, en Suisse, en Belgique. Les Goncourt commencent à écrire leur Journal, lors du coup d'État du Prince-Président Napoléon, le 2 décembre 1851.

Dès lors, commence une longue période d’activité littéraire pour les deux frères,  le marquis de Ségur déclara : « leur amour des lettres tint de la frénésie. » Après la mort de Jules, le 18 janvier 1870, Edmond a publié plusieurs romans et continué le Journal des Goncourt. Inconsolable de la mort de son frère, Edmond considère que Jules était le véritable écrivain, il écrit dans son journal : « Le soin amoureux qu'il mettait à l'élaboration de la forme, à la ciselure des phrases, au choix des mots, reprenant des morceaux écrits en commun et qui nous avaient satisfaits tout d'abord, les retravaillant des heures.... » Edmond sera l'animateur du « Grenier » et le créateur de la « société littéraire », en opposition à l'Académie française qui refusa « l'immortalité » à de grands écrivains tels que Balzac, Flaubert, Zola, Maupassant, Baudelaire ... Edmond de Goncourt meurt le 16 juillet 1896, à Champrosay, chez son ami Alphonse Daudet. Dans son testament, il déclare : « Je nomme pour exécuteur testamentaire mon ami Alphonse Daudet, à la charge pour lui de constituer dans l'année de mon décès, à perpétuité, une société littéraire dont la fondation a été, tout le temps de notre vie d'hommes de lettres, la pensée de mon frère et la mienne, et qui a pour objet la création d'un prix de 5000 F destinés à un ouvrage d'imagination en prose paru dans l'année, d'une rente annuelle de 6000 francs au profit de chacun des membres de la société. »

Edmond (à gauche) & Jules (à droite), portrait par Paul Gavarni.

Chêne remarquable.


Platière.


Caverne des Sorcières.


Observatoire des Sorcières (K).

Arcade des Sorcières (L).

Gorge aux Sangliers.

Réfectoire de Pantagruel (M).

Pantagruel est le premier livre de François Rabelais, publié en 1532, dont le titre complet est : « Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel Roi des Dipsodes, fils du Grand Géant Gargantua. »

 Pantagruel, illustration de Gustave Doré.

Gargamelle de Gargantua.

Roche perforée à gauche du réfectoire de Pantagruel. « La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quintessence. Livre plein de Pantagruélisme », ou plus simplement Gargantua, est le deuxième roman de François Rabelais publié en 1534. Gargamelle est la femme de Grandgousier et la mère de Gargantua, son nom vient du vieux français gargatte qui signifie gorge.

Caverne de Panurge (N).


Panurge, de grec ancien Panourgos, signifie « Celui qui sait tout faire », c’est l'un des personnages de François Rabelais, ami du géant Pantagruel. Panurge est un escroc, un menteur et un faux médecin. Parmi ses hauts faits, le plus célèbre reste d'avoir jeté un mouton d'un bateau, afin que le reste du troupeau se jette à la mer. De là est issue l'expression « mouton de Panurge. »

Dindenault et Panurge, illustration de Gustave Doré.

Roche de Paul Verlaine (O).


Paul Verlaine (1844-1896) est un poète connu comme le symbole du poète maudit et reconnu comme un maître par les jeunes poètes de son temps. Né à Metz, il est le fils unique d’une famille de la petite bourgeoisie. Adolescent il s’oppose à son père, militaire de carrière qui le place alors en pension. C’est là que le jeune Verlaine s'essaie à la poésie, tout en vouant un culte à Baudelaire. Bachelier, il s'inscrit en faculté de Droit, mais abandonne ses études, leur préférant la fréquentation des cafés et des cercles littéraires parisiens comme celui des « Vilains Bonshommes ». En 1863, une revue publie son premier poème « Monsieur Prudhomme », portrait satirique d’un bourgeois. À 22 ans, en 1866, il publie les « Poèmes saturniens » et en 1869, le petit recueil intitulé « Fêtes galantes. » Pendant la même période, il est employé dans une compagnie d'assurance, puis à l'Hôtel de ville de Paris. Il vit chez ses parents et, après le décès du père en décembre 1865, chez sa mère avec laquelle il entretiendra une relation de proximité et de violence toute sa vie. En 1870, il épouse Mathilde (Paul a 26 ans et Mathilde, 17), un enfant, Georges, naîtra en 1871. Verlaine prend part à la Commune de Paris et il doit fuir la capitale pour échapper à la répression versaillaise, ce qui lui vaut d’être radié de l'administration.


Lors de cette année terrible (1871), il rencontre Arthur Rimbaud avec qui il va vivre une relation amoureuse conflictuelle jusqu'en 1873, ruinant son mariage avec Mathilde, qu'il frappe et viole après s'être saoulé à l'absinthe. Les deux amants partent pour l’Angleterre et la Belgique, leur relation est violente, elle s’achève par les coups de revolver que Verlaine tire sur Rimbaud sans le blesser gravement. Il est incarcéré à Bruxelles pour tentative de meurtre et pour pédérastie. En prison, Verlaine se tourne vers la foi catholique et compose de nombreux poèmes. Libéré après un an de détention, il tente de renouer avec sa femme qui le rejette, elle obtiendra le divorce en 1885. Verlaine part de nouveau pour l’Angleterre durant deux années, de retour en France, il enseigne dans un collège dont il est  renvoyé pour avoir lié une relation amoureuse avec l’un de ses élèves, Lucien Létinois. Les deux amants fuient à Londres et reviennent un an plus tard. Ils tentent de vivre ensemble dans une ferme, mais Lucien meurt en 1883. Rentré à Paris, Verlaine essaie en vain de réintégrer l'administration, il renoue avec les milieux littéraires et publie, en 1884, son essai sur les Poètes maudits et le recueil « Jadis et naguère. » Il est alors reconnu comme un maître et un précurseur par les poètes partisans du symbolisme, en 1894, il est désigné comme « Prince des Poètes. »

 Verlaine devant un verre d’absinthe, 1892, photo de Dornac.

Détruit par l'alcool et les crises de violence, il a une fin de vie de quasi-clochard, entre cafés et hôpital. Verlaine meurt le 8 janvier 1896 à l’âge de 51 ans. Avec cette vie en complète rupture avec la morale de son temps, le poète est détesté par les notables de la poésie, Edmond de Goncourt écrit dans son journal en 1893 : « Malédiction sur ce Verlaine, sur ce soûlard, sur ce pédéraste, sur cet assassin, sur ce couard traversé de temps en temps par des peurs de l’enfer qui le font chier dans ses culottes, malédiction sur ce grand pervertisseur qui, par son talent, a fait école dans la jeunesse lettrée, de tous les mauvais appétits, de tous les goûts antinaturels, de tout ce qui est dégoût et horreur ! » 

Rempart du Cuvier-Châtillon (P).




Abri de Léo Gausson (Q).


Léo Gausson (1860-1944) est un peintre, graveur et sculpteur lié au mouvement néo-impréssionniste et au synthétisme. Ses débuts de peintre se font sous l’égide de l’École de Barbizon. Plus tard, il s’intéressera aux principes scientifiques appliqués à l'art. En 1901, il s'engage dans l'administration coloniale et vivra en Guinée française pendant huit ans, il ramènera plusieurs tableaux de ce pays encore très mal connu. Léo Gausson est l’auteur du médaillon de Charles Colinet situé près de la Roche Éponge sur le sentier n°2.

Barges à Lagny-sur-Marne, par Léo Gausson, 1888. 
Indianapolis Museum of Art.

Brèche de Paul et Victor Margueritte (R).


Paul et Victor Margueritte sont deux frères écrivains à l’instar des frères Goncourt. Ils sont nés en Algérie, fils d'un général tombé à Sedan en 1870. Victor Margueritte (1866-1942) s’engagea en 1891 à l'École militaire de Saumur où il devint lieutenant de dragons. En 1896, il donna sa démission pour se consacrer à la littérature. Il soutint des opinions sociales et collabora aux journaux dans la mouvance internationale et communiste. La publication en 1922 de son brûlot « La Garçonne », lui valut de se faire retirer sa Légion d'honneur. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il collabora avec l'Allemagne. Paul Margueritte (1860-1918), fut membre de l'Académie Goncourt, dans la mouvance de l'école naturaliste. Ses deux filles furent également romancières : Lucie Paul-Margueritte (1886-1955) ; Ève Paul-Margueritte (1885-1971). De 1896 à 1908, Paul et Victor entament un grand roman sur la guerre de 1870, intitulé « Une époque ». Puis ils écrivent ensemble des livres pour enfants. Les deux frères se montrèrent préoccupés par les questions sociales et furent d’ardents défenseurs de l'émancipation de la femme ainsi que du rapprochement des peuples.

Paul et Victor Margueritte, photo de Dornac.

Grand Point de vue du Cuvier-Châtillon.





Passage de Perrault (S).

Charles Perrault, (1628-1703) est un homme de lettres célèbre pour ses Contes de ma mère l’Oye. Auteur de textes religieux, chef de file des Modernes dans la Querelle des Anciens et des Modernes, Charles Perrault est l'un des grands auteurs du XVIIe siècle. Il naît à Paris en 1628 d’un père avocat au parlement de Paris. Il entre au collège de Beauvais et mène de bonnes études. Licencié en droit, il devient avocat au barreau de Paris en 1651, mais, s’ennuyant bientôt de « traîner une robe dans le Palais », il devient, en 1654, commis chez son frère qui était receveur général des finances. Il suivra ensuite une double carrière, littéraire et politique. Charles Perrault se fait remarquer par des poésies galantes et des écrits précieux. Vers 1660, il écrit des poèmes intitulés « Le Miroir ou la métamorphose d’Orante » et « La Chambre de Justice d’amour ». En 1653, il publie sa première œuvre, un poème intitulé « Les Murs de Troie ou L’Origine du burlesque » qui attaque avec virulence l’Antiquité. L’année suivante, Charles Perrault occupe le poste de contrôleur général de la surintendance des bâtiments du roi, il est également membre et secrétaire de la Commission des inscriptions publiques (future Académie des inscriptions et belles-lettres). Il entre à l’Académie française en 1671, il y donne l’idée des jetons de présence, de rendre publiques les séances de réception et de faire les élections « par scrutin et par billets, afin que chacun fût dans une pleine liberté de nommer qui il lui plairait ». En 1683, à la mort de Colbert, son remplaçant, Louvois lui retire charges et pensions. L’hostilité de Racine et de Boileau, entraîne sa disgrâce. Il se retrouve alors contraint de se retirer et décide de s’adonner à la littérature, dans les genres et les styles les plus variés. Perrault, ayant perdu sa femme, décide de se consacrer à l’éducation de ses enfants et écrit « les Contes de ma mère l’Oye » publiés en 1697. L’académicien meurt à Paris, à l’âge de 75 ans, le 16 mai 1703.

Portrait de Charles Perrault gravé par Gérard Edelinck 
d’après Jean Tortebat, 1694.

Abri de Peau d’âne (T).


Peau d’âne est un conte populaire, dont la version la plus célèbre est celle de Charles Perrault, parue en 1694, puis rattachée aux Contes de ma mère l'Oye en 1697.

Catherine Deneuve en Peau d'âne, film de Jacques Demy, 1970.

Route Mory de Neuflieux.

Mory de Neuflieux, administrateur des Eaux et Forêts de 1861 à 1871.

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