10 janv. 2016

La Croix de Guise

La Croix de Guise est citée par Dom Guillaume Morin1 en 1630 et par le Père Dan2 en 1642, elle est indiquée sur le plan de la forêt dressé Nicolas de Fer de 1697. D’après Paul Domet3, elle existait déjà en 1616.


La charge de Grand Veneur est restée pendant plusieurs générations dans la maison de Guise. Le premier qui l'a tenue est Claude de Lorraine, premier duc de Guise (1496-1550). Compagnon d’armes de François Ier, il participe à la bataille de Marignan où, malgré ses blessures, il combat avec une grande bravoure. Durant la captivité du roi, à la suite du désastre de Pavie, Claude est conseiller militaire de la reine Louise de Savoie, régente de France.

 Claude de Lorraine, premier duc de Guise par François Clouet.

En 1525, les paysans révoltés en Lorraine sont massacrés par l'armé de Claude de Lorraine, ce qui lui vaut le surnom de « Grand boucher ». À son retour de captivité, François Ier le récompense de sa fidélité en le nommant gouverneur de la Bourgogne et lui offre la charge de Grand Veneur. Après lui, en furent nantis successivement deux de ses fils, François et Claude II. Les petits-fils de ce dernier récupèrent la charge qui reste dans la famille jusqu’en 1602, date à laquelle Henri IV offre la charge de Grand Veneur à Hercule de Rohan duc de Montbazon.

  Claude de Lorraine par François Clouet, Galleria Palatina, Florence.

En 1539, lorsque Charles Quint traverse la France pour châtier les bourgeois insurgés de Gand, le duc de Guise est envoyé à sa rencontre accompagné de 400 hommes à cheval. L'Empereur arrive à Fontainebleau par la Route d'Orléans (voir la Croix de Souvray). François Ier rencontrant à Fontainebleau le duc de Guise entouré de ses six fils, lui déclare : « Mon cousin, vous serez bien défendu contre qui voudrait vous dérober votre cape ! »

La croix de Guise en 1923.

Sentant l'hostilité du roi devant cette véritable tribu qui commence à devenir envahissante, les Guise se rapprochent du Dauphin Henri et de sa maîtresse Diane de Poitiers. À la mort de François Ier en 1547, le nouveau roi officialise son rapprochement avec la maison de Guise, mais Henri II préfère se reposer sur la jeune génération plutôt que de rappeler le vieux duc qui a 51 ans. Claude se retire dans son château du Grand Jardin à Joinville où il s'éteint en 1550. Sa veuve fit édifier un somptueux tombeau dont les bas-reliefs furent fournis par le Primatice, ils sont aujourd'hui conservés au Musée du Louvre.

Le château du Grand Jardin est situé sur la commune de Joinville, dans la Haute-Marne.

À l'origine, la croix de Guise ne s'élevait pas au carrefour même, mais à la descente de la route du Mont Andart. Abattue par une fort coup de vent, la croix fut reconstruite en grès en 1736, démolie en 1793, elle est rétablie en 1827 puis réédifiée en 1913 et 1927. Elle s'est écroulée dans la nuit du 9 au 10 janvier 2016, vraisemblablement pour cause de vétusté. La croix est située sur l'ancienne route de Bourgogne (D138), ici.




Notes :

1) « Histoire générale des pays du Gastinois, Senonois et Hurpois. »
Dom Guillaume Morin, Paris, Chez la veuve Pierre Chevalier, rue Saint Jacques, 1630.

2) « Le tresor des merveilles de la maison royale de Fontainebleau. »
Le père Pierre Dan, Paris chez Sebastien Cramoisy, 1642.

3) « Histoire de la forêt de Fontainebleau. » Paul Domet, éd. Hachette, 1873.

24 nov. 2015

La Tillaie et la Vente des Charmes.

La Tillaie (parcelles 269, 270, 271, 278) et la Vente des Charmes (parcelles 285, 286, 292, 293), sont des cantons de la forêt de Fontainebleau, autrefois célèbres pour leurs vieux arbres, dont les fameux Bouquet du Roi, Jupiter et Pharamond. La Tillaie est située près de la Croix du Grand Veneur, à l'ouest de la route de Paris (ex N7). Cette futaie est le pendant du Gros Fouteau, autre canton qui comportait autrefois de nombreux vieux arbres et située à l'est de la route de Paris. Cet ancien chemin fut agrandi et pavé par Louis XIV, le roi désirant arriver en son château de Fontainebleau en passant au milieu des vieux chênes, les grands arbres symbolisant sa majesté.


La Tillaie doit son nom à de superbes tilleuls encore visible au milieu du XIX siècle. Dans sa description de la forêt, publié en 1806, François-Hippolyte Paillet écrit : « Il y a dans les futaies situées entre la Croix du Grand Veneur et Fontainebleau, de gros et grand tilleuls qui ont sans doute donné le nom au canton, que j’écris La Tillaye quoiqu’on prononce La Tillas comme il est écrit sur les anciens plans ». Les tilleuls de cette époque marquent le témoignage d’un état très ancien de la forêt. À l’âge du bronze1, tilleuls et noisetiers étaient prépondérants sur les plateaux calcaires comme celui de la Tillaie, hêtres et chênes étaient quasiment absents. Au moyen-âge, le chêne et le hêtre prédominent, accompagnés du charme et du merisier. Tous ces bois sont bons « tant à ardoire qu'à maisonner et édifier. » La réformation2 de 1664 décrit la Tillaie comme « une futaie d’essence de hêtre et quelque peu de chêne, charme et tilleul de 250 ans environ. » Aujourd'hui, l'arbre dominant est devenu le hêtre.

 La Route de la Tillaie, à gauche les parcelles 270 et 271, à droite la parcelle 269.

En 1850, Denecourt écrit dans son guide : « Quelques cent pas encore et vous parviendrez sur le plateau en traversant un chemin, pour pénétrer immédiatement sous les voûtes plus élevées et plus sévères d’une antique futaie appelée la Tillaie. Lorsque vous aurez parcouru le sentier deux ou trois minutes, les arbres vous apparaîtront plus hauts, plus imposants ; mais tout à l’heure vous allez passer au pied de deux véritables colosses, signalés par les numéros 1 et 2 ; le premier et le Condé et l’autre le Turenne ; un peu plus loin vous déboucherez sur un carrefour de cinq à six routes, d’où s’élance l’arbre le plus haut et le plus droit de la forêt. C’était jadis l’arbre à Pinguet, parce qu’après avoir été compris dans une vente adjugée par là au marchand de bois nommé Pinguet, il fut néanmoins conservé malgré toutes les instances dudit marchand de bois, qui intenta vainement un procès à l’administration forestière. Sous la restauration, on lui donna le nom du Bouquet du Roi, qu’il porte encore aujourd’hui sous la république. »


Le Bouquet du Roi, le Pharamond et le Jupiter.

Le Bouquet du Roi était un grand et vieux chêne, disparu vers 1870. Il fut l'un des premiers arbres nommés de la forêt, il ne doit pas son nom à Denecourt, contrairement à tous les autres. Paillet nous apprend « qu’il existait avant la Révolution, dans la forêt de Fontainebleau, deux vieux chênes qui recevaient de nombreuses visites, l’un appelé le Chandelier, et par le peuple le Pot à la graisse, l’autre le Bouquet du roi ». En 1836, Étienne Jamin écrit à son propos : « Arrivé au pied de ce vieux chêne, le promeneur voudra lire la belle description qu'en a faite le chantre de la forêt, le menuisier de Fontainebleau, et qui commence ainsi :

    Toi, dont la nuit des temps cache le premier âge,
    Et dont avec transport j'aime l'antique ombrage,
    Géant de la forêt, noble bouquet du roi ... »


Denecourt mentionne cet arbre en 1840 : « Arrivé sur le pavé de Paris, on le traversera également, en prenant la route allant au Bouquet-du-Roi, chêne situé au bord du chemin et au centre de la Tillaie, c’est le plus droit et le plus haut de la forêt, son tronc a six mètres de circonférence ».  

La route du Bouquet du Roi, du Carrefour de Paris à l'est au Carrefour des Cépees à l'ouest.

En 1851, le poète Alexis Durand, le chantre menuisier cité par Jamin, écrit dans son Indicateur de quatre promenades historiques et pittoresques dans la forêt de Fontainebleau : « Devant nous est une longue route qui coupe le pavé de Paris et conduit au Bouquet du Roi, bel arbre que nous avons chanté. Il est véritablement historique, puisque c’est Henri IV, qui, en 1606, l’a nommé le Bouquet de la Forêt. C’est peut-être le seul arbre que de nos jours on n’ait pas osé débaptiser. Non loin de lui sont les Deux Chènes Amis, dont les troncs vermoulus, vides et crevassés, semblent deux vieilles tours, filles des temps passés. Messieurs les conducteurs leur ont fait perdre le nom des Deux Amis pour celui des Deux Frêres : quel effort d’imagination ! Tout près d’eux est le Juif-Errant, que les mêmes personnes ont rebaptisé le Pharamond. »

 Le chablis du nouveau Bouquet du Roi.

Le vieux Bouquet du Roi est mort vers 1870. Peu après, Charles Colinet indique dans son guide un grand chêne remplaçant l’ancien Bouquet du Roi et qui porte le même nom. Bien plus tard, en 1981, le naturaliste Pierre Doignon écrit dans La Voix de la Forêt que le Bouquet du Roi, « re-baptême transféré d’un vétéran disparu est âgé d’environ 540 ans et encore en très bon état. » Mais ce grand chêne a lui aussi succombé sous le poids des siècles, son impressionnant chablis3 est bien visible, tout près de la Route de la Tillaie. 

 Le nouveau Bouquet du Roi en 1924.

Autre arbre célèbre de la Tillaie, le Pharamond, écroulé dans les années 1930 après qu’on l’ait protégé avec un toit en zinc et d’énormes agrafes. Au bas d'une carte postale ancienne, on peut lire cette légende « Le plus vieux chêne de la forêt, âgé de 1400 ans. » Mais cette affirmation est aussi improbable que l'existence du premier roi des Mérovingiens, le légendaire Pharamond, dont Denecourt devait trouver le nom bien romantique.

 Véritable attraction touristique, le Pharamond se trouvait dans la Tillaie, (actuelle parcelle 269).

À propos du Pharamond, Denecourt écrit : « Du pied du Bouquet du Roi dirigez-vous à droite par la route qui s'en éloigne le moins et qui, après un circuit d'une centaine de pas vous conduira en traversant un autre chemin, au pied du Pharamond, chêne moins droit, moins élégant, mais plus colossal et sept à huit fois séculaire, et dont les racines saillantes hors du sol et l'imposante masse au front chauve et aux flancs sillonnés par la foudre, composent une étude digne de nos grands paysagistes. » 

 Le Pharamond est très représenté dans les cartes postales du début XXe siècle.

En 1873, Denecourt écrit : « Du chêne de Pharamond, situé au milieu de la splendide futaie appelée la Tillaie, on se rend au carrefour du Jupiter, chêne moins âgé que le Pharamond, mais plus majestueux. L’Administration, sous l’Empire, l’avait débaptisé en le consacrant à un marmot, c’est-à-dire, en l’appelant le Bouquet du Prince-Impérial. » On note ici l'ironie grinçante de Denecourt, la troisième République est installée depuis trois ans et le vieux républicain peut enfin se permettre de railler ce Second Empire qu'il n'aimait pas.

Le chêne Jupiter, né vers 1370 et mort en 1994.




Le 11 avril 1994, l'ONF déclare que le Jupiter est officiellement mort et les branches dangereuses sont élaguées. L'émotion est grande chez les amoureux de la forêt, un article du journal Le Monde relate la fin de ce vénérable chêne âgée d'environ 650 ans. Les chênes de la forêt de Fontainebleau ne sont pas immortels, avec plus de six siècles d'existence, le Jupiter avait rejoint le club restreint des très vieux arbres de l'antique forêt.


Non loin du Jupiter, le promeneur pouvait admirer le Chêne-Charmé, aujourd'hui disparu. Au XIXe siècle on trouvait émouvant l’enlacement de ces deux arbres, un chêne et un charme, qui semblaient unis en une étreinte éperdue. Guy de Maupassant l’a vu de la sorte, il écrit dans son roman4 Notre Cœur : « Comme un amoureux désespéré au corps puissant et tourmenté, le charme, tordant ainsi que des bras deux branches formidables, enserrait le tronc du chêne en les refermant sur lui. L’autre, tenu par cet embrassement, allongeait dans le ciel, bien au-dessus du front de son agresseur, sa taille droite, lisse et mince qui semblait dédaigneuse. Mais malgré cette fuite vers l’espace, cette fuite hautaine d’être outragé, il portait dans les flancs les deux entailles profondes et depuis longtemps cicatrisées que les branches irrésistibles du charme avaient creusées dans son écorce. Gardés à jamais par ces blessures fermées, ils poussaient ensemble en mêlant leurs sèves et dans les veines de l’arbre violé coulait et montait jusqu’à sa cime le sang de l’arbre vainqueur. »

L'historienne Marie-Noëlle Grand-Mesnil fait mention d'un document5 concernant une importante vente de bois au lieu dit de la Tillaie entre 1368 et 1373. Michel Le Ferron, clerc du roi Charles V et receveur de ses eaux et forêts, note dans ses comptes qu'un certain Estienne Amandin s’est rendu adjucataire de cette vente, si coûteuse qu’il est autorisé à payer en dix versements successifs, dont le dernier interviendra à l’Ascension 1373. Nous sommes alors durant une accalmie de la guerre de Cent Ans, le royaume soigne ses plaies. Le roi agrandit la forteresse du Louvre qui devient résidence royale et restaure les charpentes des églises de Paris. On martèle6 à la Tillaie et aux proches alentours comme dans la parcelle des Ventes des Charmes. Le Pharamond, le Jupiter et le Bouquet du Roi sont nés dans les clairières ouvertes lors de ces grandes coupes.

Le Pharamond vers 1875, photographié par Georges Balagny.

Ces trois Mathusalems ont résisté à bien des calamités. Il a d'abord fallu que les glands dont ils sont nés échappent à l'appétit des cochons qu'amenaient en forêt les habitants des villages riverains. Lors d'une enquête menée en 1270, le nombre de porcs ayant droit de panage en forêt de Bière était évalué à plus six mille. En septembre 1366, Charles V dit le sage, restitua leurs droits aux paroissiens d'Avon, Samois et Bois-le-roi. Chaque habitant tenant feu avait droit de mener cinquante porcs à la paisson, c'est-à-dire à manger les glands de chêne. 


Devenu de petits arbres, nos trois ancêtres survivent à l'abroutissement6 des cervidés, ils ne sont alors pas très nombreux ces biches et ces cerfs que coure le roi et son équipage. La forêt de Bière et les villages qui l’entourent sont ravagés par les bandes d’écorcheurs et autres grandes compagnies qui pillent et braconnent sans vergogne. Les bêtes et la furie des hommes ne sont pas les seuls dangers pour nos trois chênes qui passent le cap des cent cinquante ans. Le vieux château médiéval tombant en ruine, un roi féru d'architecture se met en tête de construire un palais moderne, à la mode italienne. Il faut du bois de construction alors on abat de nombreux arbres, nos trois chênes échappent aux bûcherons de François Ier. 


Devenu de grands et beaux arbres, on vous préserve, car vous êtes l'exemple même de ces « estalons et porte-graines » que protègent les ordonnances royales. Mais il vous faut quand même passer au travers des coupes extraordinaires ordonnées par Sully, puis Richelieu, Mazarin, Colbert,  afin de bâtir une France moderne. À tous ces périls, il vous a aussi fallu survivre aux grands incendies qui ravagent la forêt si régulièrement, aux tempêtes comme celle désastreuse de 1671, ou à l'ouragan de 1827 et pour le Jupiter, au fort coup de vent de 1967.

Mais le pire, n'est-ce pas les terribles hivers de ce petit âge glaciaire qui dure jusqu'au XIXe siècle ? Comme celui de 1407, alors que la forêt est incluse dans le douaire de la terrible Isabeau de Bavière qui en jouit avant même la mort de son fol époux le roi Charles VI. Et que dire de l'hiver de 1422 où l'on voit des bandes immenses de loups parcourir la forêt ? En 1709, c'est le Grand Hyver, le sol est gelé si profondément que les gros arbres se fendent dans un bruit évoquant un coup de mousquet. Le vin gèle à la table du roi, la cour claque des dents, le peuple meurt en masse. L'on n'a jamais vu de mémoire d'homme un froid pareil, beaucoup y voient une punition divine annonçant la fin du monde. 

L’année terrible 1709 : faim et pauvreté, grand froid et nudité, guerre pour tous, maladie et mort.

On vous a encore épargné, pendant la Révolution, lors des hivers de l'an II et III de la République. Le représentant du Peuple dut mettre en réquisition tout ce qu'il trouva de bûcherons et d'attelages pour faire exploiter les coupes extraordinaires destinés à Paris. Il fallait empêcher la population pauvre de la capitale de mourir de faim et de froid. Il y en aura d'autres de ces hivers si calamiteux auxquels vous avez tous les trois miraculeusement réchappé, comme au début de l'année 1879 où le verglas brise des millions d'arbres, puis l'hiver de 1879-1880, il a fait si froid que les forestier ont gravé dans le grès le souvenir des pins qui n'ont pas survécu. 

Les vieux arbres de la Tillaie et de la Ventes des Charmes ont quasiment tous disparu. Jupiter, mort en 1994, Pharamond mort vers 1930, Bouquet du Roi, mort vers 1870, grâce à l'œuvre de Denecourt, on vous a tant admiré au temps du Romantisme. Ailleurs dans la forêt, d'autres arbres on prit le relais et sont les vénérables d'aujourd'hui, comme le chêne de Molière, de Murger, de Sully, de Charlemagne, de la Reine Amélie. Certains chênes sans nom sont pourtant vieux de près de six siècles, ils sont comme les piliers d'un temple vivant. 

Victor Hugo écrivait8 : « Un arbre est un édifice, une forêt est une cité, et entre toutes les forêts, la forêt de Fontainebleau est un monument. Ce que les siècles ont construit, les hommes ne doivent pas le détruire. » Tous ces arbres ancestraux semblent contempler nos vies humaines avec détachement, indifférents aux tumultes de notre histoire, impassibles à nos vanités. Telles des statues gigantesques, ils murmurent à nos oreilles cette loi d'airain à laquelle ils sont malgré tout soumis, comme nous les hommes : « Memento mori — Souviens-toi que tu vas mourir. »


La Tillaie

Route du Bouquet du Roi.























Route de la Tillaie.

Notes :

1) L'âge du bronze en Europe succède au Néolithique et commence vers 3000 av. J.-C. et dure jusqu'à environ 600 av. J.-C.

2) En 1664, la réformation de Paul Barillon d'Amoncourt, maître des requêtes de Louis XIV, s’attache à décrire les peuplements et à régler l'exploitation de la forêt. Environ 6.740 hectares sont décrits, essentiellement en futaie, le reste, soit les deux tiers de la forêt, étant considéré comme vide.

3) Un chablis est un terme de forestier qui désigne un arbre déraciné sous l'action de différents phénomènes naturels (vent, foudre, neige, chute d'un autre arbre) ou pour des raisons qui lui sont propres (vieillesse, pourriture, mauvais enracinement), sans intervention de l'homme.

4) Notre cœur est le sixième et dernier roman de Guy de Maupassant, écrit lors de son séjour à Montigny-sur-Loing au printemps 1889. L’œuvre fut d'abord publiée dans la Revue des Deux-Mondes puis en volume en juin 1890 chez l'éditeur Ollendorff.

5) La Voix de la Forêt, bulletin de l'Association des Amis de la Forêt de Fontainebleau, 1982.

6) Opération qui consiste à désigner par l'empreinte d'un marteau forestier les arbres d'une coupe qu'il convient d'abattre ou de conserver (Larousse).

7) L'abroutissement est le nom donné à la consommation de broussailles et de jeunes arbres par les animaux sauvages de la forêt.

8) Extrait d'une lettre de Victor Hugo à M. Rioffrey, secrétaire du comité de protection artistique de la forêt de Fontainebleau. Cette lettre fut publiée dans le journal La Renaissance Littéraire et Artistique (n°33 du 7 décembre 1872).

Par arrêté ministériel du 9 octobre 1953, la Tillaie est classée en réserve biologique intégrale sur une surface d'un peu plus de 35 hectares, soit les parcelles 270 et 271. La partie est (parcelles 269 et 278) a subi une coupe franche particulièrement dévastatrice en janvier 1970, de nombreux arbres anciens ont alors disparu. En 2014, la surface de la réserve est étendue à 78 hectares.

© Olivier Blaise - 2015




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