11 sept. 2014

La mort d’un garde chasse

Césaire Sampité, âgé de 36 ans, est depuis deux ans le garde forestier en poste au Bas-Bréau, où il demeure avec sa femme. Le dimanche 11 septembre 1887, il est retrouvé mort au carrefour du Mont de Faÿs, atteint par deux décharges de chevrotine. L’enquête montre que son corps a été déplacé, traîné à travers bois pour y être dissimulé dans un buisson. Son fusil et son carnet de garde ont disparu. Quelques jours plus tard, on arrête deux jeunes paysans de la région, qui ont été vus la veille du crime, errant aux alentours de Barbizon. Les autorités relâchent très vite les deux suspects, aucune charge n’ayant été retenue. Le meurtrier ne sera jamais retrouvé. L’émotion, l’incompréhension, le désarroi sont grands dans la communauté forestière. 






Un monument est construit sur les lieux du crime, en souvenir de cet homme lâchement assassiné. Cette mort d’un forestier n’est pas la première. L’assassinat du garde Gitton en 1650 et Marthe en 1815, marquèrent aussi les esprits, mais dans ces deux derniers cas, les assassins furent retrouvés. En 1870, les Prussiens, qui venaient d’être attaqués par une bande de francs-tireurs, fusillent le garde-chasse Chauvaud, trouvé en possession de cartouches.


2 sept. 2014

La fontaine Sanguinède

La fontaine Sanguinède est située sur le sentier actuel n°4, qui va du Carrefour Louis-Philippe au Rocher Saint-Germain. Le sentier traverse la Réserve Biologique Intégrale (RBI) du Mont Chauvet dans laquelle est située cette fontaine. Cette situation fait qu'elle n'est pas dégagée des ronces qui l'envahissent, aucune intervention humaine ne devant avoir lieu en RBI. Néanmoins, un petit groupe d'amoureux de la forêt a entrepris, fin août 2014, de dégager la fontaine Sanguinède afin de la rendre de nouveau visible du sentier ouvert au public.


La fontaine Sanguinède disparaissant sous les ronces.


La fontaine dégagée fin août 2014.


La fontaine Sanguinède fut construite par Denecourt en 1852, « à l'aide du généreux concours de la personne dont elle porte le nom. Outre ce bienfait, M. Sanguinède, je le dis avec plaisir, m'a fourni les moyens de créer sur d'autres points de la forêt diverses belles choses. L'eau de cette fontaine, quoique blondie par le sol de bruyère d'où elle sort, est bonne à boire. Il se trouve là, pendant la belle saison, quelqu'un autorisé à vendre de la bière et divers autres rafraîchissements ». Monsieur Sanguinède (l’accent aigue n’apparait que dans la 16e édition du guide Denecourt datée de 1856) était un riche négociant parisien qui versa la somme de 322 francs en faveur de la souscription ouverte par Denecourt en 1850. La fontaine fut restaurée en 1884 par Charles Colinet, qui écrit : « L’eau que donne cette fontaine étant malsaine, nous renonçons à faire les travaux nécessaires pour lui rendre son filet d’eau ».


La fontaine Sanguinède en 1890.






Tout près de la fontaine Sanguinède se trouve les ruines de l'ancienne buvette. En continuant le sentier bleu, on arrive à la Petite Folie Denecourt, « à cause des sommes assez rondes que m'a coûtée la transformation de cet endroit qui n'était qu'un amas de décombres et de broussailles, un fouillis inabordable et hideux à voir ainsi que tous ses abords qui aujourd'hui composent l'un des sites les plus intéressants et les plus fréquentés de nos déserts ».




Derrière la  Petite Folie Denecourt, se trouve le Crocodile de Sanguinède.


Enfin, le sentier remonte sur le point de vue de la fontaine Sanguinède, marqué de la lettre K, hélas, ce belvédère n'est aujourd'hui qu'un souvenir.


Le point de vue vers l'est de la forêt et l'hippodrome de la Solle.